L'argent a du pouvoir, et comment ? Une statistique surprenante, publiée par le porte-parole chinois, indique que 50 % de la croissance mondiale, confirmée par le président Poutine, est désormais générée par les pays BRICS. Voici d'autres statistiques :
• Seulement 35 % des transactions intra-BRICS sont encore libellées en dollars américains. Les 65 % restants sont désormais majoritairement réglés en monnaies nationales.
• L'automatisation des paiements transfrontaliers est un volet important de ce sommet des BRICS.
• L'économie réelle se concentre désormais dans les pays BRICS. Le contexte mondial est maintenant défini ! Il est multipolaire, multilatéral dans les interactions entre les États, multidevises et, à en juger par les tissus exposés, même multicolore.
Les BRICS ne sont pas une mascarade. Ils ne représentent pas une puissance d'influence pour l'avenir. Xi Jinping est arrivé il y a quelques heures, effectuant sa première visite en Inde depuis sept ans. Le Forum des affaires des BRICS à New Delhi n'est pas une simple formalité. Ce sont les BRICS qui concrétisent leurs engagements en matière de production, de logistique, de développement et de croissance, au lieu de se contenter de discours et de sanctions.
De nouveaux moteurs économiques sont en train d'être mis en marche et prêts à démarrer. Qu'en est-il des anciens ? Quand on sait que 65 % des échanges commerciaux ne transitent plus par SWIFT et autres systèmes similaires, mais proviennent de pays qui n'utilisent plus le vieux pétrodollar pour leurs échanges intra-BRICS et qui sont à l'abri des sanctions et des droits de douane, on commence à saisir l'ampleur des changements mondiaux auxquels nous assistons. Ce n'est pas encore le paradis, mais le système fonctionne, même s'il n'est pas parfait.
Voici à quoi ressemble une puissance mondiale émergente.
Les dirigeants se sont réunis à huis clos pendant quelques heures en début de sommet. Le Brésil est présent, mais son rôle est discret.
La réponse de l'Occident à ce message, à savoir son incapacité à rivaliser, consiste à paralyser les chaînes d'approvisionnement, perturber la logistique, attaquer les infrastructures, saisir des navires, recourir à la piraterie, instrumentaliser la finance et chercher à déclencher de nouvelles guerres. C'est le comportement d'un système composé de terroristes qui perdent en puissance et en influence et qui tentent de figer l'image et le scénario à un point du passé lointain où ils croyaient que l'histoire s'était arrêtée. Non ! L'histoire recommence précisément là où elle aurait dû commencer. L'interrègne collectif de l'Occident, caractérisé par sa volonté de « dominer le monde entier », est désormais terminé. Le changement d'équilibre des pouvoirs est irréversible, et je suis tenté de prendre Trump comme symbole. Trump, l'icône de l'Occident collectif, s'endort pendant les réunions, a du mal à aligner deux mots, ne tient pas debout longtemps, semble visiblement malade, et les messages de son administration sont tristement célèbres pour être des démonstrations de force alimentées par l'IA. Voilà à quoi ressemble l'Occident, à en juger par cette icône.
Le message de la Russie était clair. Après des années de pression, elle a renforcé sa souveraineté nationale et construit désormais avec des partenaires fiables et prévisibles. L'innovation n'est pas un dogme. C'est un travail original auquel s'ajoute la production concrète des partenaires des BRICS. C'est ainsi que l'on survit à une guerre de sanctions : en cessant de croire que l'ancien système nous traitera équitablement.
Modi, en tant que président, a insisté sur le même point lors de la réunion. La force de l'association ne réside pas dans ses communiqués de presse, mais dans l'étendue de ses marchés intérieurs, la croissance rapide de ses activités et la présence d'hommes d'affaires discutant de contrats. C'est un aspect que la presse occidentale omet systématiquement. Les BRICS ne fonctionnent que s'ils restent concrets. (Je m'abstiendrai de mentionner à nouveau l'accolade de Modi avec l'homme le plus sanguinaire du monde. Il en subira les conséquences, car les principes moraux guident le jugement des peuples du monde.)
Bâtir une alternative à un système monétaire défaillant, fondé sur le dollar et en place depuis des décennies, tandis que les puissants sabotent activement toute issue possible, n'est pas un projet qui se réalise en un week-end. La voie à suivre est claire : commercer en monnaies nationales, réduire l'exposition à un système de réserves instrumentalisé, connecter les économies réelles en croissance et renforcer l'ONU afin qu'elle puisse pleinement remplir son rôle de « laboratoire de réflexion mondial ».
La Chine apporte son envergure, sa capacité industrielle, son expertise en matière d'infrastructures et sa propension à résoudre les problèmes plutôt qu'à en créer. Les décideurs ne se trouvent ni à Bruxelles ni à Washington. Ils sont à New Delhi, Moscou, Pékin et au sein du groupe des BRICS, dont le nombre ne cesse de croître.
Le monde a changé. La moitié de la croissance provient déjà de ce côté-ci. Rien n'arrêtera l'ordre multipolaire. L'Occident est face à un choix : accepter une nouvelle structure financière mondiale ou disparaître.
Voilà pourquoi je parle de « mes » BRICS…
Dans une interview accordée aux médias indiens, Jeffrey Sachs a déclaré que, selon lui, les trois objectifs les plus importants des BRICS sont : mettre fin aux guerres, adopter un système multidevises et veiller à ce que les Nations Unies soient fortes et jouent le rôle pour lequel elles ont été conçues.
L'alliance des BRICS doit servir de rempart aux Nations Unies et au système multilatéral, et non de bloc anti-occidental. On comprend dès lors pourquoi la Russie et la Chine, ces dernières années marquées par de fortes turbulences, ont insisté sur la nécessité des Nations Unies. Il est impossible de gérer un système multipolaire et multilatéral sans la coordination que la Chine nomme « gouvernance mondiale ». Non, il ne s'agit pas d'un empire mondial, mais d'une gouvernance entre pays et pôles, et c'est une chose que l'Occident, dans son ensemble, est incapable de réaliser, faute de compétences, de formation et de pragmatisme. (Bien sûr, il existe des exceptions notables !)
Et maintenant, vous comprenez peut-être pourquoi j'ai choisi ces thèmes sous-jacents ces derniers mois. Oui, ce sont MES BRICS. Au boulot, les gars ! Yalla !