Il est urgent de rappeler que la STEG n’est pas l’ennemi public que l’on désigne à la vindicte. Ses ingénieurs, ses cadres et ses agents portent à bout de bras la mission vitale de maintenir la lumière et l’énergie dans un pays plongé dans un blackout politique depuis plus de 5 ans. Charger aujourd'hui la STEG de tous les maux relève de l’injustice et de la lâcheté.
Or, pendant que les réseaux s’effondrent et que l’on compte des victimes faute d’oxygène, le pouvoir continue de psalmodier la même litanie de fantômes et de mains invisibles. Une rhétorique usée et une chique idéologique mâchée jusqu’à l’écœurement, qui masque mal l’échec abyssal d’un président et d’un gouvernement parmi les plus défaillants de toute l’histoire tunisienne.
Mais plus grave encore, cette partie de l’opinion qui persiste à croire à ces fables. En relayant l’accusation de trahison et de conspiration, ces larbins zélés deviennent les co-auteurs du crime; ils partagent la responsabilité d’un système qui sacrifie des vies et engloutit des millions de dinars chaque jour dans le gouffre de l’improvisation.
À rappeler aussi le fiasco du projet des énergies renouvelables conçu comme une vitrine de modernité qui s’est transformé en fardeau insoutenable pour une entreprise nationale déjà en peine de garantir l’autosuffisance. La STEG, sommée de compenser les carences d’un État démissionnaire, se retrouve piégée dans une contradiction mortelle; exporter une énergie qu’elle peine à produire pour ses propres citoyens.
Alors ce n’est pas la STEG qui a failli mais c'est la gouvernance amatrice. Ce n’est pas l’ingénieur ni l’agent qui portent la faute mais un pouvoir qui préfère les spectres aux responsabilités et les slogans aux solutions. La Tunisie paie aujourd’hui le prix d’une politique qui a fait de l’électricité un luxe et de la vérité un tabou.
Il est grand temps, me semble t il, de tourner cette page une bonne fois pour toutes, tout en priant qu’un blackout électrique total ne survienne sous la pression que ce pouvoir exerce aujourd’hui sur la STEG. Rien que pour un président qui continue de mener le pays vers l’abîme... et c'est marre!