Selon des informations sur les réseaux sociaux et quelques médias électroniques, le député Ahmed Saïdani aurait été interpellé à la suite d’une publication sur Facebook dans laquelle il critiquait frontalement le président Kaïs Saied, l’accusant de n’avoir rien accompli depuis le 25 juillet et le réduisant, par une formule volontairement caustique, à un simple "président du tout-à-l’égout et de l’évacuation des eaux pluviales".
Si les autorités n’ont pas officiellement confirmé les faits, l’épisode illustre une fois de plus le climat d’hypersensibilité politique qui règne en Tunisie, où la "satire" se traite comme un délit, l’opinion comme une infraction, et la parole critique comme une urgence sécuritaire.
Dans ce pays qui se voulait jadis laboratoire de la liberté, les canalisations semblent désormais mieux protégées que les libertés publiques, et la gestion des égouts paraît bénéficier d’une vigilance institutionnelle bien supérieure à celle accordée à la démocratie elle-même.