Si la clôture de fait de plusieurs instances relatives à la vérité, à l'accès à l’information, à l'audiovisuel et d’autres peut donner l’impression d’un appauvrissement du paysage démocratique malgré leurs errements et leur « adaptation » contre nature à un système de manipulation politique et d’abus de situation et de pouvoir, la création d’une nouvelle instance semble s'imposer car elle revêtirait une importance particulière dans cette conjoncture qu’il ne serait pas excessif de qualifier de délicate à plus d’un titre tant sur le plan de la volatilité de la scène internationale, y compris la région nord-africaine et sa ceinture saharienne, que des difficultés socio-économiques intérieures dont la solution ne semble pas devoir être facilitée par un environnement économique mondial en crise, certains évoquant même le spectre d’une récession mondiale au cours des prochains mois.
Subissant les contrecoups de politiques pour le moins approximatives d’avant et depuis 2011 et une inflation du discours administratif et politique avec des promesses le plus souvent sans lendemain et qui ont d’une part minimisé l'acuité des difficultés donnant ainsi de faux espoirs et décourageant les sacrifices rendus pourtant nécessaires, la Tunisie a vu se creuser le fossé de crédibilité et de confiance envers le discours officiel avec le risque de plus en plus palpable de désaffection et de discrédit des institutions avec les prémices d’un nihilisme corrosif envers le vivre ensemble et les fondements mêmes et la légitimité de l'autorité publique.
Un des moyens de recouvrer la confiance et d’insuffler plus de responsabilité et de réalisme dans l'esprit du public, serait de mettre en place une instance indépendante de vérité et de responsabilité du discours administratif et politique avec pour mission de faire l’inventaire et le suivi réguliers des promesses administratives et politiques et d’en faire périodiquement le bilan pour inciter les responsables à assumer pleinement leurs promesses et donner ainsi au public l'opportunité de demander des justifications et des comptes pour tout manquement ou fausse promesse.
La vérité, la transparence, la crédibilité du discours officiel et l'adhésion des citoyens aux affaires publiques ainsi que l'intérêt national exigent une telle instance avec la discipline et la redevabilité qu’elle imposera.
Alors que la Tunisie a grandement besoin de resserrer les rangs et de renforcer son front intérieur pour faire face aux ennemis et faux amis qui la guettent, un meilleur encadrement et une plus grande redevabilité du discours administratif et politique semble s’imposer et faire partie de tout dispositif de renforcement de la cohésion et de la sécurité nationales.