La déontologie politique et citoyenne …

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Chaque fois que l’on égratigne Bourguiba pour ses dérives, l’on observe une nuée de hurleurs, lesquels pour vous contredire, utilisent le mensonge d’État dont furent victimes leurs parents ou leurs grands-parents. Le mentir-vrai, base de la langue de bois en politique, est une arme de destruction massive de certains cerveaux, soumis à l’illusion de l’acquis du moment.

Mais, le projet d’un leader consciencieux, ne doit-il pas s’étaler au moins sur un demi-siècle, durant lequel il est en devoir de préparer un programme réaliste et une relève efficiente, dignes de tirer une Nation vers le haut ? Lorsque, sur une période de construction d’une Nation, les trente premières années après l’indépendance furent l’apanage d’une Dictature féroce et que déjà, trente autres années plus tard, les fondamentaux partent en vrille, c’est que l’on est en droit de s’interroger sur la bonne qualité du bâti.

Fort à propos, j’ai plaisir à ressortir cette métaphore à destination de ces politiciens égocentriques et de leurs groupies : ” lorsqu’un bâtiment s’écroule, il ne faut pas porter le tort aux finitions, mais incriminer la vétusté des fondations ! ”. Comprenne qui voudra ! …

Après énonciation de ces vérités, il se trouvera des contradicteurs pour affirmer que mes critiques sont une basse attaque pour motif de vengeance personnelle, d’autres, que c’est un complot pour instaurer la charia et enfin, d’autres qui vous diront que ce n’est pas le moment de remuer le couteau dans la plaie.

L’on fera tout pour vous faire taire ou, au mieux, il vous sera difficile de demeurer au niveau d’un débat d’idées, sans tomber dans l’invective, l’insulte ou le pugilat. Et pourtant, Dieu sait que je n’ai pas inventé la présidence à vie, la torture et les meurtres d’état contre les opposants, les déboires de la guerre de Bizerte, la mise à l’écart systématique des partenaires politiques, la succession jamais voulue donc ratée, la falsification de l’Histoire, la destruction des monuments, la dissolution des Habbous et de la Zitouna, les méfaits de la collectivisation agricole, l’attaque en règle contre l’lslam, les tirs sur la foule lors des émeutes du pain et les autres nombreux travers qui avaient œuvré à enfoncer le pays petit à petit.

Ces vérités non reconnues créent alors des citoyens consentants, qui deviennent les complices hypocrites de la forfaiture politique. Excédés par la sincérité de cette néo-réalité, ils en sont vexés au point de la rejeter et de continuer à défendre l’idole à cause d’un aveuglement passionnel, souvent par excès d’identité régionaliste …

Tous les politiciens d’aujourd’hui qui continuent de soutenir Bourguiba en comédiens exhibitionnistes, usent aussi de la langue de bois pour dissimuler leurs contradictions et pour révéler le véritable mobile de leurs choix, à savoir l’ambition du pouvoir. Ils utilisent les mêmes méthodes de la Dictature : évocation rituelle de l’idéal Tunisien, recherche de boucs émissaires, éviction des voix discordantes, non-respect des autres et court-termisme de leurs projets.

Aucun d’entre eux ne s’empresse de dénoncer les entorses aux droits humains concédés sous le régime brutal de la première République. Le crime est oublié avec effronterie, s’il est excusé pour contrer d’autres idéologies, et la dissuasion se renforce par la complicité avec un Président défunt, même s’il fût une brute.

Cela signifie pour moi que la force a besoin de la persuasion comme complément obligé et comme alibi pour gagner la présidence de la République. Ces fausses valeurs me gênent car elles sont antinomiques avec la tendance à la démocratisation du pays. Je ne soutiendrais donc jamais, par exemple, Madame Abir Moussi, même si elle déborde d’intelligence et de pragmatisme en sortant du lot de la médiocrité politique, pour l’unique raison qu’elle n’a jamais osé mécontenter Bourguiba sur le côté sombre de sa Dictature et que pas, une seule fois, elle n’eut le courage de qualifier son régime, de tortionnaire. La preuve, c’est qu’elle vient de faire un pèlerinage à Monastir pour commémorer le souvenir de l’exil de son nouveau mentor, alors que tous les 7 Novembre d’avant-révolution, elle fêtait son renvoi du pouvoir …

On pourrait peut-être trouver toute une philosophie à mes désaccords avec lesdits Bourguibistes, à condition qu’ils aient la force d’en tirer les conclusions. Ce que je réfute, c’est que pour défendre leur demi-Dieu, ils en viennent aux incartades les plus primitives.

Un certain Sami Khomsi, pétri de mauvaise intelligence, a publié un post injuriant à propos de la Dynastie Beylicale, truffé d’erreurs linguistiques, sémantiques et historiques, de bas-niveau et très mal documenté. Une quantité de matière écrite nauséabonde, des idées vagues, un anachronisme révélateur puisque tous les Beys sont mis dans le même panier, une bibliographie évasive et la conséquence haineuse de la propagande des cho3abs du Destour.

Un tas de fumier qu’est son semblant d’esprit, puisqu’il écrit que Bourguiba fût ”un grand qui ne les avait passés par les armes”, à propos de nos grands-parents, parents et de nous autres, descendants de troisième génération …

Pauvre contemplateur d’un totem d’arrière-boutique qui s’était taillé un empire à coups de torture physique et psychologique, où étiez-vous quand il s’était fait atomiser par son fils spirituel ? N’étiez-vous pas un fuyard devant vos responsabilités d’idolâtre, doublé d’un couard ? Ne regardiez-vous pas votre protégé comme une miette de pain perdue parmi les tâches d’une nappe qu’on avait oublié de secouer ?

Attaquer les gens sur leurs origines, rappelle les sombres desseins de Hitler, Himmler et Goebbels. Et en plus, qu’il se renseigne, le malotru : la Dynastie Husséïnite est bien d’origine Keffoise, alors que les proches ascendants de Bourguiba sont Libyens ! Et même s’il disait vrai à propos des origines, je lui rappelle que Sarkozy est de père hongrois et que le père d’Obama est kenyan. A-t-on jamais lu ou entendu en France, comme aux États-Unis, des critiques sur les origines des gouvernants ?

Monsieur, des gens de votre espèce remplissent les interstices de la pensée morbide, comme la poussière, celles des jointures des meubles que l’on néglige d’épousseter. Dites, une poussière d’individu, vous connaissez ?

Eh bien, pour une fois, votre vénéré maître avait bien raison de vous qualifier de la sorte ! …

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