Les « dossiers »Epstein, la crise de l’Occident et la russophobie

En cette période de grave crise impliquant l’ensemble des élites occidentales en raison de la publication des soi-disant Dossiers Epstein par le département de la Justice américain, et dont l’on peut déduire une attitude nihiliste évidente de nos classes dirigeantes, il est troublant de lire que les Britanniques cherchent activement un courant russe impliquant Moscou dans l’affaire Epstein. Il convient toutefois de noter qu’au moment de la première élection de Trump, la même opération a été tentée par les Américains qui ont tenté de couvrir la soi-disant PizzaGate-Podestà (je me souviens des fêtes troublantes où l’artiste Marina Abramovich jouait le rôle de grande maîtresse de cérémonie) comme une machination orchestrée du renseignement russe.

À y regarder de plus près, derrière cette compulsion à répétition se cache une constante, que j’oserais qualifier de « russophobe », qui pousse les élites occidentales, chaque fois qu’elles sont en grande difficulté, à identifier la Russie comme un bouc émissaire, un prétendu « réceptacle de tous les maux » sur lequel attribuer le moment de difficulté. Cette fois aussi, cela se passe ainsi : la responsabilité de la crise d’Epstein se trouve à Moscou. Ce phénomène de la « constante russophobe » est bien plus qu’une manière (plus ou moins enfantine) de blâmer l’ennemi du moment sur des événements qui ont mis les classes dirigeantes en difficulté au point de risquer de les délégitimer. Derrière ces tentatives se cache une haine incommensurable, déraisonnable et donc irrationnelle.

Pour approfondir ce phénomène, c’est le philosophe allemand qui, depuis plus d’un mois, publie en Italie (pour Fazi Editore) une œuvre précieuse intitulée éloquente « Pourquoi l’Occident déteste la Russie ».

Selon Ritz, pour trouver une autre forme de haine aussi profonde et enracinée dans un pays qui représente d’une certaine manière « une civilisation différente » de nous, il faut revenir au choc entre les Romains (et donc la civilisation gréco-romaine) et les Carthaginois (civilisation orientale). De la même manière que les Romains, selon l’auteur allemand, l’Occident mène une lutte implacable contre la Russie depuis au moins 1918, c’est-à-dire depuis la révolution bolchevique qui a déclenché ce grandiose mouvement de libération du joug du colonialisme occidental de nombreux pays du monde. C’est le péché originel de la Russie selon Hauke Ritz ! Les élites occidentales tiennent la Russie responsable de la fin de son hégémonie sur le reste du monde. Une offense que – manifestement – la Russie doit payer par sa propre désintégration. Et d’où les agressions continues.

Le travail de Ritz, qui, à mon humble avis, n’est pas entièrement exhaustif sur un phénomène très complexe mais qui ouvre néanmoins des visions très importantes et qui pourrait pousser l’opinion publique à demander ce changement nécessaire ou, mieux encore, à exiger un changement de leurs élites nihilistes et russophobes. Si je puis exprimer une opinion personnelle, c’est peut-être là le point fondamental : la pensée russe, de Dostoïevski à Tourgueniev, dévoile le nihilisme occidental (un phénomène également bien compris par Friedrich Nietzsche, Tourgueniev et Martin Heidegger).

C'est impardonnable pour nos élites confrontées à leur propre débauche, désormais incontestablement révélée par les dossiers du démon Epstein. C'est peut-être là que réside le point incontournable : la pensée russe représente un point irréductible de contestation des élites occidentales, ce qui est considéré comme un affront impardonnable. Cela explique également l'hostilité occidentale envers la culture russe qui s'est manifestée ces dernières années.

Je recommande donc vivement le livre de Ritz, à lire peut-être en parallèle avec Les Démons de Dostoïevski ou Pères et fils de Tourgueniev.

Poster commentaire - أضف تعليقا

أي تعليق مسيء خارجا عن حدود الأخلاق ولا علاقة له بالمقال سيتم حذفه
Tout commentaire injurieux et sans rapport avec l'article sera supprimé.

Commentaires - تعليقات
Pas de commentaires - لا توجد تعليقات