A qui le tour ?

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Les services de Ben Ali continuent de travailler, ou peut-être ont-ils formés des émules qu’ils ont recrutés dans la boue de l’ancien régime ? Qu’on en juge : pour discréditer Kaïs Saied, on n’a rien inventé de plus ancien que d’attaquer quelqu’un qu’il a reçu. Les accusations contre moi de sionisme ou d’obédience à Ennahdha ne sont pas crédibles, je suis connu pour mon action politique, mon passé de militant intransigeant, mes livres qui témoignent d’une époque et toutes mes positions politiques toujours clairement affichées.

L’accusateur d’aujourd’hui se place sur un autre terrain, celui des services secrets de Ben Ali, la diffamation : il prétend savoir que j’aurais rencontré Ben Ali à qui j’aurais demandé de faire acheter les exemplaires restants de mon livre Cristal. Demande agréée par le président qui aurait fait acheter des milliers d’exemplaires du livre qui étaient en très mauvais état, ce qui m’aurait fait empocher des sommes considérables.

Ce tissu d’informations mensongères, est dû à la plume peu fertile en vérité d’un monsieur, qui, me dit-on, a été directeur de la Maison arabe du livre et qui se proposait d’éditer un livre (en arabe et en français) à la gloire de Leila Ben Ali, Fleur de lilas, d’Elissa à Leila Ben Ali, projet anéanti par la révolution.

Je n’ai pas la malchance de connaître ce monsieur, qui, visiblement espère conforter les débris du ben alisme. Mes seuls rapports avec Ben Ali, que je n’ai jamais rencontré, étaient indirects, j’ai raconté cet épisode dans mon livre « Ana… chroniques » et ont abouti à l’annulation d’une dette que la maison d’édition Salammbô, dont je n’étais pas directeur, avait vis-à-vis de la STB et pas à l’achat d’un seul exemplaire de l’un ou l’autre de mes livres.

Cette maison d’édition était dans une situation très critique, à cause de l’ostracisme du Ministère de la Culture qui ne lui achetait pas, ou très peu les livres, alors qu’il faisait bénéficier de ses largesses tous les autres éditeurs.

Je n’ai jamais, je l’ai dit, rencontré Ben Ali, et je dois reconnaître que cela ne m’a pas réellement manqué. Pour ce qui est de Monsieur Marzouki, avec lequel j’avais eu l’occasion d’avoir des relations cordiales en 1983 quand il avait publié aux éditions Salammbô son livre, « L’échec et l’espérance, un médecin face à la mort », je ne l’ai plus revu après la révolution, notamment quand il est devenu président provisoire de la République : il m’avait fait demander de le voir au palais de Carthage, il m’avait paru justifié de suggérer que viennent avec moi quelques intellectuels et artistes pour poser certains problèmes que vivait le monde de la culture, il n’y eut aucune suite ; par la suite, je n’avais pas accepté son invitation à faire au même palais de Carthage une conférence sur la révolution : j’en avais accepté l’idée, mais à condition que cette conférence se déroule en public, dans une salle en ville et non pas à l’abri dans un palais ; nos contacts en sont restés là.

Quant à Béji Caïd Essebsi, qui était ministre de l’intérieur quand nous avions été arrêtés en mars 1968, et qui l’était resté jusqu’en septembre 1969, nos relations étaient devenues encore plus difficiles à imaginer après qu’il eut répondu à un journaliste qui lui avait demandé si, comme je le disais dans mon livre Cristal, il avait été ministre au moment de cette répression contre les jeunes étudiants et intellectuels : « Quelle référence ! » avait-il dit sans répondre à la question.

On comprend que je ne suis pas friand des honneurs et de la reconnaissance des grands. Quant aux faveurs financières et autres qu’offriraient ces puissants, je ne doute pas que cet intérêt puisse exister chez ceux qui avancent leurs compétences intellectuelles pour pouvoir faire du « tat’bill » de mauvaise qualité (« d’Elissa à Leila Ben Ali » rien de moins !).

Monsieur Kaïs Saied m’a fait l’honneur de ne pas oublier nos rapports d’amitié et de respect mutuel, tout comme nos points d’accord – qui n’excluent pas les divergences de vue – je lui en suis reconnaissant, de même que je suis sûr que les calomnies déversée contre moi ne pourront affecter ni ses orientations, ni le respect qu’éprouvent pour lui les Tunisiens honnêtes.

Ceci étant, je me réserve le droit d’entamer des poursuites judiciaires contre l’auteur de ces fausses informations (j’ai suffisamment été condamné pour en avoir diffusé des vraies !) et contre ceux qui les partageraient d’une manière quelconque.

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