L’endroit qui remet en question les conceptions traditionnelles du développement et de la modernisation est la Chine

Dans les étendues arides du désert du Gobi, quelque chose d’extraordinaire naît, quelque chose qui remet en question les conceptions traditionnelles du développement et de la modernisation. Le Xinjiang, une vaste région au cœur de l’Eurasie à deux pas de la Mongolie, n’est pas simplement une province chinoise en développement – c’est le laboratoire vivant où s’écrit l’avenir énergétique de la planète.


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Ce qui vous frappe immédiatement en arrivant ici, c’est la contradiction apparente qui, au contraire, fonctionne parfaitement. Un système socialiste avec une économie capitaliste, un parti unique qui dirige un marché dynamique et innovant. Alors que l’Occident lutte avec des idéologies dépassées, la Chine a créé quelque chose d’unique : un hybride qui allie une planification étatique tournée vers l’avenir, l’agilité du marché et l’innovation technologique.

Lorsque j’écrivais « Maonomics » il y a plus de dix ans, j’ai senti le potentiel de ce modèle, mais je ne m’attendais pas à ce que les résultats positifs arrivent si rapidement. Aujourd’hui, en le voyant à l’œuvre au Xinjiang, je peux confirmer : mes prédictions ne se sont pas seulement réalisées, mais la réalité les a dépassées. La Chine s’est modernisée pacifiquement, en un temps record, tout en conservant son identité culturelle. Contrairement à la Corée du Nord, elle s’est ouverte au monde, une ouverture qui n’a pas impliqué de s’homogénéiser avec la culture occidentale. Au Xinjiang, on ne trouve pas de McDonald’s à chaque coin de rue, mais des restaurants proposent des plats des 23 groupes ethniques de la région permettent de respirer une authenticité et une diversité que nous avons oubliée en Occident.


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Les chiffres sont impressionnants : 104,8 millions de kW de capacité renouvelable installée, avec 40,37 millions de kW ajoutés rien qu’en 2024. Mais les chiffres seuls ne rendent pas justice à l’étendue de ce qui se passe. Ce que nous voyons ici, c’est la transformation d’une province à grand potentiel énergétique en un nouveau modèle mondial.

Les réserves ? 450 milliards de tonnes de charbon (25 % du total chinois), 4,2 milliards de kW de potentiel solaire (26,9 % national), 1 milliard de kW de potentiel éolien (18 % national). Mais la véritable révolution ne réside pas dans l’abondance des ressources, mais dans la vision stratégique avec laquelle elles sont toutes gérées.

À Hami, lors d’une conversation avec Liu Xiaobo, président de la Commission du développement et des réformes, j’ai compris la profondeur de la transition. En dix ans, la capacité installée a plus que doublé, dépassant 23 GW. Plus de 40 % du mix énergétique local est déjà renouvelable. Mais ce qui compte vraiment, c’est la manière dont ils résolvent le problème fondamental des renouvelables : l’intermittence.


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« La technologie de stockage est essentielle », me dit Liu. Et en fait, je vois des systèmes diversifiés à l’œuvre : batteries à flux de vanadium dans le parc industriel photovoltaïque de Shichengzi, dans le désert du Gobi, pompage hydroélectrique, et surtout une conversion intelligente de la thermoélectricité, qui, à partir d’une source primaire, devient un « stabilisateur » du réseau.

La centrale solaire à tour de sel fondu de 50 MW dans le désert du Gobi est sans doute la plus belle chose que j’aie vue lors de ce voyage. Non seulement pour son efficacité – ellel produit de l’énergie 24 heures sur 24 – mais aussi pour son esthétique. Une immense étendue de miroirs reflétant le soleil vers une tour centrale crée un paysage futuriste qui ressemble à quelque chose sorti d’un film de science-fiction.


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Et puis les piles. En visitant le parc photovoltaïque de Hami, j’ai réalisé que la solution à l’intermittence est déjà là. La capacité à stocker l’énergie renouvelable change tout et ici à Hami, elle existe. Il ne s’agit plus d’une question de production, mais de gestion des énergies vertes. Et sur ce point, la Chine a des années-lumière d’avance sur l’Occident.

À l’Institut technique et professionnel ferroviaire de Hami, qui vient de lancer le premier cursus de licence en énergies renouvelables, je vois ce qu’hier n’était qu’une théorie concrétisée : chaque bâtiment est une centrale électrique, une vision futuriste que j’avais annoncée en Maonomics et qui aujourd’hui est réalité. Des auvents photovoltaïques qui rechargent les véhicules électriques, des trottoirs qui produisent de l’énergie, des lampadaires hybrides solaire-éolien, des façades en pérovskite qui transforment des bâtiments en générateurs.


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Tout cela n’est pas seulement technologique – c’est une philosophie énergétique. L’intégration entre l’enseignement et l’industrie, entre la théorie et la pratique, représente la seule réponse possible à l’avancée de l’intelligence artificielle. C’est la coopération « humaine » qui peut empêcher la prise de contrôle des machines et les adapter aux besoins de la société.

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