VEILLÉE D’ARMES À GRENOBLE : SOLIDARITÉS POPULAIRES, VIOLENCES POLICIÈRES

A l’approche de l’Institut d’Urbanisme de Grenoble, à un jet de pierre du quartier populaire de l’Arlequin, j’ai vu ce matin des étudiants réunis autour d’une table et engagés dans une discussion qui m’a paru à la fois sereine et animée. Ils étaient là sans doute en tant que piquet d’une grève qu’une ou deux pancartes annonçaient mais aussi comme groupe de préparation de la grande journée de manifestation de demain, samedi 17.

Quand je suis arrivé à leur hauteur, ils ont été interpellés par des éboueurs qui, tout en vidant les poubelles dans leur camion, se sont enquis à haute voix et en gesticulant de la mobilisation. Un garçon et une fille, debout un peu à l’écart de la table, leur ont confirmé qu’ils étaient en grève avant que tout ce beau monde n’échange, avec une complicité qui trahissait une belle fréquence dans la relation, quelques plaisanteries en guise d’encouragements.

J’en ai profité pour faire part au duo de mon sentiment que « les alliances de classes » semblaient en bonne voie.

Je crois que c’était pas mal trouvé car le contact a tout de suite été établi. Ils m’ont dit qu’ils étaient certes en grève, qu’ils bloquaient l’entrée et filtraient les passages mais que, pas plus tard que la veille, ils avaient permis à des étudiants qui avaient à suivre une activité importante pour leur scolarité d’accéder à l’établissement. « Cela se passe dans le calme », a commenté le garçon que tout dans son allure et ses propos désignait comme un syndicaliste. Je lui ai répondu qu’ils n’étaient donc pas « si barbares que le disent les médias », ce qui les a fait bien rire tous les deux.

Ils m’ont parlé des manifs de lycéens dont leur propre mouvement n’était qu’un prolongement mais aussi des violences policières, notamment de certains activistes cagoulés, au crâne un peu trop dégarni pour des lycéens, qui jetaient des pavés sur la police. Grossières provocations !

Il se confirme que demain samedi, c’est la grande jonction des luttes avec, en vedettes redoutées tant et plus par le pouvoir, des gilets jaunes qui reviennent mais qui, aux dires de mes interlocuteurs, sont loin d’être sur le retour. Oui, m’ont-t-ils dit, ils n’ont jamais vraiment quitté leurs ronds-points, mais les médias se gardent bien de le dire.

Pour finir, mes deux étudiants m’ont informé que la coordination du mouvement se réunirait dimanche 18 au « Patio » (maison des habitants de l’Arlequin), que la réunion n’était pas publique mais que rien n’empêchait le commun des habitants de venir les soutenir.

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