La Tunisie paie aujourd’hui le prix d’une politique qui a fait de l’électricité un luxe et de la vérité un tabou.
La tragédie tunisienne ne se limite pas à l’avortement d’une transition démocratique qui avait pourtant éveillé les espoirs mais elle s’incarne
Depuis que Sihem Ben Sedrine a été condamnée à vingt-cinq ans de prison, à une amende de 1,776 milliard de dinars dans une première affaire et à 16 millions de dinars dans une seconde, le déferlement est devenu incessant.
Le modèle senghorien montre que la Tunisie a beaucoup à apprendre du syndrome de l’homme providentiel et que ceux qui se présentent sous cet accoutrement finiront par se croire indispensables et dépasser leur date de péremption.
La Tunisie n’a pas besoin d’un procureur perpétuel; elle a besoin d’un dirigeant capable de restaurer la confiance, de parler vrai sans sombrer dans la paranoïa politique et d’offrir à un peuple épuisé autre chose qu’une interminable litanie de traîtres imaginaires.
Ainsi donc il y a eu grâce présidentielle. En a bénéficié un député de l'actuel Parlement qui avait eu des mots véhéments et plutôt désobligeants au sujet des résultats concrets de la politique menée sous la présidence de Kaïs Saied.
À mesure que la crise économique s’aggravait et que les promesses du pouvoir s’effondraient sous le poids des réalités sociales, le discours officiel a trouvé dans la présence des migrants un terrain propice à la fabrication d’un nouvel ennemi intérieur.
Les Semeurs.tn الزُّرّاع