Le modèle senghorien montre que la Tunisie a beaucoup à apprendre du syndrome de l’homme providentiel et que ceux qui se présentent sous cet accoutrement finiront par se croire indispensables et dépasser leur date de péremption.
La Tunisie n’a pas besoin d’un procureur perpétuel; elle a besoin d’un dirigeant capable de restaurer la confiance, de parler vrai sans sombrer dans la paranoïa politique et d’offrir à un peuple épuisé autre chose qu’une interminable litanie de traîtres imaginaires.
Ainsi donc il y a eu grâce présidentielle. En a bénéficié un député de l'actuel Parlement qui avait eu des mots véhéments et plutôt désobligeants au sujet des résultats concrets de la politique menée sous la présidence de Kaïs Saied.
À mesure que la crise économique s’aggravait et que les promesses du pouvoir s’effondraient sous le poids des réalités sociales, le discours officiel a trouvé dans la présence des migrants un terrain propice à la fabrication d’un nouvel ennemi intérieur.
L'actualité du jour reste ce communiqué du ministère de la Défense dont le propos semble susciter à dessein les interrogations sur ses motivations. Qu'est-ce qui a donc poussé notre Armée à sortir de sa discrétion habituelle pour rappeler sa neutralité par rapport au jeu politique ?
Facebook n’a pas tant détruit l’opinion publique qu’il en a révélé les failles tout en offrant aux pouvoirs en place les moyens de les exploiter. Et c’est peut-être là le paradoxe le plus troublant; un outil né sous le signe de la liberté devient, dans certains contextes, un instrument de normalisat
À force de jouer avec les mots, le pouvoir actuel a fini par confondre la rhétorique avec la réalité, la promesse avec son simulacre et la souveraineté avec son abandon policé, n’en déplaise à ceux qui persistent encore à y voir un tournant décisif.
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