Actuellement, le secteur technologique exerce une domination historique sur les marchés boursiers mondiaux, représentant près de 40% de la capitalisation boursière totale aux États-Unis, soit plus de 35 000 milliards de dollars – un chiffre supérieur au PIB américain – grâce à l’essor de l’intelligence artificielle (IA) et des semi-conducteurs.
Ainsi, les six plus grandes entreprises (les géants de la tech) – Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta et Nvidia – représentent près de 35% de la pondération combinée des principaux indices. Nvidia se distingue particulièrement, ayant représenté à elle seule jusqu’à 8% des indices mondiaux, témoignant d’une dépendance sans précédent. Sur les marchés émergents, elles représenteraient environ 50% de la capitalisation boursière totale, du fait de la présence de géants des semi-conducteurs tels que TSMC à Taïwan et Samsung Electronics en Corée du Sud.
Signes d’alerte:
Les entreprises technologiques souffrent d’un découplage entre leurs fondamentaux et leurs performances. Les entreprises spécialisées en IA voient leur valeur croître en misant sur des promesses de rupture future, et non sur leurs profits actuels. Ces entreprises souffrent également d'investissements massifs (CAPEX), les grandes sociétés investissant des centaines de milliards dans les puces et les centres de données, ainsi que d'une concentration extrême: NVIDIA, Apple et Microsoft représentent à elles seules environ 44% de la capitalisation boursière du S&P 500.
On peut également citer le financement circulaire, des flux de capitaux ayant été détectés entre les grandes entreprises technologiques et les startups, ce qui gonfle artificiellement la valeur du secteur. Enfin, il y a la disruption à faible coût: la récente explosion de modèles d'IA gratuits ou open source extrêmement efficaces et peu coûteux (comme les innovations de la startup chinoise DeepSeek ou Moonshot) a balayé la thèse de Wall Street selon laquelle seules les entreprises dépensant des billions de dollars domineraient le marché.
La bulle technologique est-elle sur le point d'éclater? Des institutions comme la Banque d'Angleterre et le Fonds monétaire international (FMI) ont établi des parallèles avec la bulle Internet de l'an 2000, avertissant qu'une correction brutale pourrait survenir si la technologie ne génère pas le retour sur investissement (ROI) escompté. Les grands investisseurs institutionnels de Wall Street, tels que les fonds spéculatifs et les gestionnaires d'actifs traditionnels, ont réduit leur exposition aux valeurs technologiques de 10%, craignant que l'IA ne tienne pas ses promesses de rentabilité à court terme.
Ainsi, on estime que pour être rentables d'ici 2030, les entreprises du secteur devraient générer des milliers de milliards de dollars de revenus annuels. Toutefois, si ces entreprises ne parviennent pas à monétiser l'IA à grande échelle, le cours de leurs actions pourrait chuter brutalement, provoquant potentiellement l'éclatement de la bulle de l'IA.
Ceci s'expliquerait par l'écart considérable entre les milliers de milliards de dollars investis dans l'infrastructure et les revenus réellement générés, rappelant l'éclatement de la bulle Internet. Cette explosion aurait pour conséquences la faillite de startups et d'entreprises d'IA dépendantes du capital-risque et dépourvues de revenus stables, ainsi qu'un possible krach boursier dû au poids considérable des entreprises technologiques dans une éventuelle capitulation du marché.