La France est en crise

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Le pays proche et ami est en crise. Au-delà des malheureux et douloureux évènements qui viennent de le secouer il importe de comprendre les tenants et les aboutissants de cette crise structurelle et de comprendre aussi et surtout les suites que cela pourrait avoir pour nous. Le "nous" ici est harki-free même si la thèse harkie est abordée de manière allusive.

1- Le fond du problème

Le pays proche et ami est en crise profonde et cette crise couve depuis une trentaine d'années. Elle est de nature démographique au départ et de nature identitaire à l'arrivée. Le pays, qui se proclame laïc et areligieux, craint pour son identité chrétienne ou plus précisément catholique et pour faire large, judéo-chrétienne. Il est vrai que les vagues islamiques ou musulmanes qui "frappent" les côtes françaises depuis plus de 50 ans sont en passe de bouleverser l'ordre démographique, urbain et …identitaire !

Il y aurait actuellement entre 5 et 7 millions de musulmans en France, un exploit que d'avoir obtenu ce chiffre car la religion laïque du pays interdit d'établir des statistiques sur une base confessionnelle, et il y en aurait plus de 12 millions en 2050, soit 18 % de la population. Comment neutraliser cette population jugée frondeuse, extrêmement "compacte" et très peu "soluble" culturellement parlant ? Telle est la question principale pour certains décideurs Français et pour beaucoup de nos harkis.

2- Une société conservatrice, quasi-réactionnaire

Que faire de 4, 5 ou 6 millions de musulmans vivant en France et comment "désamorcer les risques dont ils sont porteurs". La question est d'autant plus importante que les musulmans de France, certains d'entre eux sont de la troisième, voire de la quatrième génération, tardent à suivre le chemin d'autres communautés qui sont perçues comme étant mieux intégrées. Je pense par exemple à la communauté juive.

Il est vrai que les juifs, beaucoup moins nombreux et moins pénalisés par la barrière financière ont été plus facilement intégrés ou assimilés. L'exemple, certes relevant du détail mais très illustratif, est celui des prénoms. Les Français de confession juive ne choisissent plus pour leurs enfants, et ce depuis bien longtemps, des prénoms comme Ephraïm, Mezrah et Eléazar ou encore Ezra et Kéziah pour les filles. Les juifs de France s'appellent Jean Jacques, Emmanuel, Nicolas, Marion, Pascale,... Ils fondent dans le paysage via trois leviers : la flexibilité liée au faible effectif, l'aisance économique qui abat toutes les barrières, et le mode de vie caméléonesque qui a toujours fait la discrétion et l'extrême adaptabilité de cette communauté au milieu dans lequel elle vit.

Les musulmans, eux, sont moins discrets, croissent et se multiplient comme des lapins et sont à à tort ou à raison, associés aux "profils sociaux à problèmes". Que faire de cette communauté ?

3- La France en panne d'idées

Que faire ? Il y a, pour simplifier, deux manières de faire : intégrer à la britannique ou à la nord-américaine et aller vers une société plurielle et multi-ethnique ou au contraire maintenir le modèle historique et originel sachant que la France "ne peut pas accueillir toute la misère du monde".

La seconde option est politiquement séduisante car elle est électoralement porteuse. A l'instar de l'Italie ou de l'Autriche où le discours anti-migratoire a fait mouche, il est particulièrement compréhensible que les candidats à la candidature y aient recours pour gagner la confiance de larges franges de la population qui en ont assez des bruits et des odeurs et depuis peu des …attentats. Et nous dans tout cela ? Et nous, sachant que le "nous" employé ici englobe tout le monde y compris et surtout les musulmans résidant en France ?

Là aussi, il y a deux manières de procéder. Soit nous considérons les musulmans de France et d'ailleurs comme une sous-composante de la société humaine qui a besoin d'être mise au niveau des pays qui l'accueillent et d'être en permanence mise à l'épreuve pour mériter d'être intégrée et reconnue et dans cette perspective, nous devons accepter toutes les critiques, toutes les remontrances et prouver que nous ne sommes pas violents et que nous n'aspirons pas à changer la religion de l'Etat français.

Soit nous nous défendons et défendons les droits inaliénables d'une communauté qui n'en a pas moins que les autres, toutes les autres. Bien évidemment, je comprends les appels et les invitations qu'on lit, qu'on voit et qu'on entend un peu partout en vue de "faire notre autocritique" et "reconnaitre que le mal est en nous". Bien évidemment, je suis de ceux qui sont prêts, et je l'ai toujours été, à participer à toute réflexion qui serait engagée pour réaliser un "diagnostic social et sociologique" ayant pour objet et but de relever les failles, les déséquilibres et les risques majeurs qui pénalisent nos sociétés, nos villes, nos campagnes, notre jeunesse et y remédier. Quelle société éclairée refuserait de le faire ?

Oui mais pas avec un handicap au départ et encore moins avec une culpabilité originelle. Si je prends le cas de la Tunisie, je dis qu'il faut bien sûr le faire mais ce n'est pas à un Etat ou à un gouvernement étranger de nous imposer un agenda, son agenda et son calendrier.

Nous n'avons pas d'élection sur fond identitaire dans notre pays en 2021 ni en 2022 et celui qui veut surfer sur deux ou trois malheureux et douloureux faits divers pour marquer des points n'a qu'à le faire chez lui sans nous gonfler l'estomac.

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