L’armée doit désormais choisir entre la démocratie et le chaos

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Le plan du chef d’état-major de l’armée, c’est-à-dire la mise en œuvre de l’article 102, est entré dans sa phase finale. L’invocation de l’article 28 de la constitution pour justifier l’intrusion du militaire dans le politique ne tient pas la route. Certes, dans son alinéa 2, cet article dispose que l’Armée Nationale Populaire a pour mission permanente la sauvegarde de l’indépendance nationale et la défense de la souveraineté nationale.

Seulement, il faut juste préciser que ce n’est pas l’Algérie d’en bas qui menace la souveraineté du pays. Notre souveraineté est menacée par les accointances avec l’Etat d’Israël, les amitiés avec les émiratis, les allégeances à l’Arabie Saoudite, la convergence d’intérêts avec les blocs mondialistes, le bradage des richesses de notre sous-sol, la fuite des capitaux, les contrats mafieux, le blocage des véritables créateurs de richesses, etc.

Une autre institution du système, le parlement, vient de se soumettre à son injonction. Par ce geste, le parlement s’est déshonoré. Il a montré sa totale allégeance au chef d’état-major au mépris de la volonté populaire.

Il ne faut plus se faire d’illusion. Le risque de voir s’installer une dictature militaire n’est plus du domaine de l’hypothèse. C’est désormais un fait. L’Algérie d’en haut tente de se reconstruire en opérant un retour à l’ancien régime.

Le même scénario se répète depuis 1962. Á chaque crise, à chaque conflit, la force surgit pour trancher contre le peuple. Le système autoritaire parvient toujours à s’en sortir sans grande difficulté, sans dégât.

Même le lourd dossier de la décennie sanglante avec ses 250 000 morts, 21 000 disparus et 2 millions de déplacés s’est vite noyé dans de mystérieux accords pour être définitivement enterré à la faveur d’une réconciliation par décret, sans justice ni vérité. Il en sera peut-être de même des scandales du pillage, de la cocaïne, des détournements, accaparements et plus grave, les atteintes à la dignité des algériens et à la souveraineté du pays.

Depuis quelques jours, certaines chaînes de télévisions et autres relais du pouvoir en place ne reculent devant rien pour venir à bout du mouvement populaire. L’opinion est sans cesse sous le bombardement par le mensonge, la désinformation, la manipulation et la suggestion. Ces mercenaires s’efforcent de réduire la problématique à une petite affaire de « içaba » et nous expliquent que le chef d’état-major s’en occupe admirablement.

Le mot système a totalement disparu emportant avec lui toutes les thématiques populaires à l’exemple de « yetnahaw gaa », la Salah la Bensalah, etc.
Cette bataille du vocabulaire dissimule en réalité un grand enjeu. Celui de la nature du conflit. Il y a une nette volonté de tout pervertir.

Aussi, il est utile de rappeler que le conflit est politique et oppose la société toute entière à un système autoritaire dans sa totalité. La démarche du chef d’état-major est porteuse de danger. Car, dans la mesure où elle ne constitue nullement une solution, elle risque de déplacer le conflit vers une opposition entre le peuple et l’armée.

Je comprends que la perspective d’une élection présidentielle dans 90 jours puisse réjouir certains et éveiller leurs appétits pour le pouvoir.

C’est d’abord une erreur d’appréciation de leur part car ils sous-estiment la capacité manœuvrière du sérail. C’est ensuite une faute stratégique car l’ambition de la mobilisation populaire est d’engager le pays dans la voie de la démocratisation et du changement radical.

L’espoir citoyen est d’une telle intensité que la déception conduirait à l’irréparable. L’institution militaire et les habitués des conclaves obscurs doivent apprécier à sa juste mesure le sens de ce moment historique.

La mobilisation populaire ne baissera pas. Persister dans l’intransigeance, le déni et la provocation ne fera que l’amplifier et la radicaliser. Vouloir en affaiblir une partie c’est prendre la responsabilité de diviser l’Algérie. Rien ne peut plus être comme avant.

Les manifestations de vendredi 12 avril 2019 doivent mettre en avant l’exigence de séparation du politique et du militaire.

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