L’indigence d’une présidence

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Kaïs Saied a été élu sur un malentendu d’une façon pour le moins...incongrue. Sorti du chapeau il a été « couronné » contre toute logique. Adhésion ? Sûrement pas. Devant le choix auquel nous étions confrontés beaucoup se sont abstenus, beaucoup ont voté contre l’autre plus que pour lui.

Admettons, l’explication nous ayant été faite, de guerre lasse, fatigués de politique et de politiciens, ses électeurs, ceux qui se sont ralliés à son programme qui, de son propre aveu n ‘existe pas, ont voulu faire place nette, soit un acte salvateur de thérapie.

les Tunisiens selon l’ère du temps ont voulu faire comme tout le monde. Les Brésiliens ont bien élu, le plus démocratiquement du monde, un Bolsonaro et les américains un Trump.

Kaïs Saied ne veut pas de la constitution actuelle il veut plus de pouvoir, il veut pour notre pays le retour à un régime présidentiel. Le régime présidentiel faut-il le rappeler est le régime qui est ouvert à toutes les dérives du pouvoir solitaire celui que nous avons douloureusement expérimenté.

La constituante a tout fait pour nous en prévenir en rognant sur les prérogatives du président en lui laissant cependant un champ d’action très large : les affaires étrangères notamment et en premier lieu.

Certes la constitution lui fait obligation de consulter le chef du gouvernement mais ce n’est pas aujourd’hui un Ilyès Fakhfakh, qui lui doit sa nomination et qui de surcroît est très affaibli, qui va lui chercher querelle ou lui disputer quoi-que-ce-soit sur ce terrain.

Aujourd’hui et certainement plus que jamais la diplomatie et les affaires étrangères sont « Le domaine réservé » du chef de l’état. Dans quel état sont-elles aujourd’hui après presque un an de présidence Saied ?

Si l’on regarde le flou, les tergiversations, les prises de positions pour le moins insolites du chef de l’état dans la question libyenne ou les déclarations faites au décours de l’équipée Parisienne les bras nous en tombent tellement on est sidéré.

Pour Kaïs Saied le gouvernement Sarraj est limite illégitime, le putschiste Haftar un partenaire et pour sortir de l’imbroglio il voudrait convoquer les tribus « à l’afghane » pour rédiger une constitution alors que celle qui a cours est des plus démocratique et de plus entérinée par référendum.

Kaïs Saied qui a observé une neutralité timorée, une quasi-indifférence devant le drame qui se joue à nos portes a fait perdre à la Tunisie son rôle de magister moral et nous a aliénés la sympathie d’un large pan du peuple libyen.

Dans son équipée Parisienne ; le Président n’avait pas besoin de s’engluer dans cette histoire de repentance française et de s’embourber dans cette controverse surréaliste colonie-protectorat. Saied ne sait peut-être pas qu’après 1881 il y eut 1883 et que la Tunisie était dès lors et de facto une colonie.

Encore un peu et Saied nous aurait loué à la Jules Ferry le rôle civilisationnel de la France de l’époque. Le plus triste de tout cela c’est que son voyage à Paris a été organisé non pas pour les beaux yeux de la Tunisie si l’on fait abstraction du doux-désiré hôpital de Kairouan ou de la chimérique ligne TGV mais pour faire passer le message musclé de la France à la Turquie.

La France se considère partie prenante au conflit libyen et réduit la Tunisie à la portion congrue alors que son rôle devrait être primordial si son président avait seulement un projet et une vision.

A presque un an depuis sa prise de fonction on ne peut pas dire que la présidence Saied soit engagée sous les meilleurs auspices. La diplomatie Tunisienne qui est de son ressort est à la peine faute d’idées, de vision et de projet.

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