Quand un dirigeant d’un pays voisin, aussi bienveillant soit-il, déclare que la sécurité de son pays dépend de celle de la Tunisie et que son pays s’y engage, est de nature à susciter des questions aussi bien sur la forme paternaliste et maladroite que sur le fond de la définition de la menace à la sécurité.
Si le régime en question voit en tout débat et contradiction démocratique et toute expression des revendications sociales sous l’angle sécuritaire comme il semble le faire dans son pays avec une poignée de fer, cette sécurité n’est pas dans l’optique ni la culture politique ni les attentes du peuple tunisien.
La sécurité des cimetières et des geôles n'est pas une ambition populaire tunisienne.
Libre à chaque voisin d’imposer à son peuple le système de gouvernance que la conjoncture lui permet, mais il serait bien avisé de prendre conscience que cette définition de la sécurité et de la stabilité n’est pas partagée par le peuple tunisien qui la considère comme une atteinte grave à ses droits fondamentaux de liberté d’expression, d’association et de redevabilité de ses dirigeants et élus.
Ce qui est perçu comme une sécurité d’un côté des frontières peut être considéré comme un déni des droits et une répression de l’autre.