Nous avons toujours à nous réapproprier la liberté de choisir qui nous représente et qui nous gouverne…

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Avec la mort d'El Béji, le calendrier électoral a été bouleversé. Le besoin de se choisir d'abord un président de la République va, en somme, nous mettre en position de choisir ensuite, soit pour offrir au président élu la majorité qui lui convienne et le soutienne, soit pour l'en priver parce qu'on estime que la politique qu'il défend n'est pas ce qu'il faut au pays.

L'ordre normal des choses était au contraire qu'on commençât par dégager une majorité au Parlement et qu'on lui donnât, pour ainsi dire, un président : quelqu’un qui aurait permis de sceller une coalition possible et souhaitée.

Ce qui aurait obligé à se déterminer en fonction du profil, non d'une personne unique, mais d'un groupe de personnes, en ayant à l'esprit non seulement le contenu d'un programme de gouvernement, mais aussi la solidité interne du groupe en question, sa capacité à rester soudé dans l'épreuve, peut-être aussi son aptitude à négocier des alliances sans s'y dissoudre...

Ce choix n'a pas disparu de notre horizon, mais en venant après celui du président, il aura perdu sa "primeur". Le risque, bien sûr, est qu'il soit sacrifié : que toutes les questions afférentes au profil du groupe soient abandonnées, qu'on observe une sorte de délégation de pouvoir au profit du président élu afin qu'il choisisse pour nous. A moins que l'on ait décidé de le contrarier, auquel cas le choix va être un choix négatif. Donc pauvre.

Mais la vie politique, comme la vie tout court, étant soumise à la loi du destin, il s'agit de composer, et de le faire de la meilleure manière possible. Ce qui signifie en l'occurrence de soigner le choix du président : de se souvenir qu'il doit être rassembleur et fort (pour jouer son rôle de garant de la pérennité des alliances), mais qu'il doit aussi, et avant tout, convaincre profondément.

Il ne s'agit pas de se laisser déposséder de son choix par les rabatteurs qui agitent leurs épouvantails, ni de se laisser piéger par le miel des séducteurs, ni de céder aux intimidations des uns ou des autres. Nous avons toujours à nous réapproprier la liberté de choisir qui nous représente et qui nous gouverne : le temps de cet apprentissage n'est pas terminé.

Nous avons donc à le prendre. C'est seulement quand ce souci de liberté reconquise contre tout un passé de confiscation aura été satisfait que reviendra, dans toute sa légitimité, la question de la majorité que le président de notre choix pourrait induire, au vu des acteurs en présence sur la scène des législatives.

Car, le moment venu, il faudra aussi veiller, dans son choix du groupe d'hommes et de femmes, à ne s'en remettre à personne, fût-ce au président élu. Jusqu'au bout, l'engagement d'une décision personnelle demeurera requis : il est l'enjeu majeur !

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