La Tunisie, goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie

Il devient de plus en plus évident que la Tunisie fait face à une agression informationnelle asymétrique et méthodique, orchestrée depuis l'étranger pour paralyser sa volonté politique et aliéner ses arbitrages économiques.

De nombreux indices font penser à une guerre psychologique initiée par des officines algériennes et affiliées afin d'inoculer au sein de l'opinion publique tunisienne un sentiment d'impuissance structurelle, de fatalisme et de résignation.

Ce dispositif de manipulation chercherait à transformer la vulnérabilité énergétique conjoncturelle de la Tunisie et la disproportion des forces en une sentence de vassalisation définitive afin de faire de la Tunisie, selon certaines voix algériennes, une 70ème wilaya et réduire à néant la menace démocratique que représente un peuple tunisien qui, en dépit des déconvenues et des incidents de parcours, ne se résigne pas à renoncer à son aspiration démocratique, de justice sociale et de prospérité équitable en plus, au sein d’un segment de plus en plus grand de la population, de la récupération des territoires spoliés par le colonialisme français et accaparés, dans un acte de reniement de la parole donnée et d’ingratitude, par les autorités algériennes à l’aube de leur indépendance.

La dangerosité de cette offensive tient à sa force de frappe interne avec le discours de la soumission relayé, légitimé et amplifié en Tunisie par les tenants d'un « pragmatisme » de façade et d'une doctrine de l'apaisement systématique, qui camouflent leur renoncement derrière un pseudo réalisme et une prétendue raison d'État.

A ce réalisme défaitiste et cette complaisance s'ajoute l'activisme d'un courant adepte de la « khawakhawanomanie » — cette idéalisation romantique et inconditionnelle de la fraternité bilatérale — qui disqualifie toute velléité patriotique souverainiste en la peignant comme un aventurisme irresponsable et contraire aux intérêts nationaux

L'agitation cyclique du projet de gazoduc sous-marin GALSI (Acronyme de Gasdotto Algeria Sardegna Italia. Il s'agit d'un projet de gazoduc sous-marin conçu pour transporter du gaz naturel depuis l'Algérie vers l'Italie via la Sardaigne) censé contourner la Tunisie par la Sardaigne, est l'arme maîtresse de cette guerre psychologique (Global Energy Monitor, « GALSI Pipeline », mis à jour en juillet 2024) [GALSI Pipeline - Global Energy Monitor].

Elle vise à persuader l’opinion publique tunisienne que son pays est remplaçable et susceptible d’être soumis à « la sanction énergétique » quitte à « vivre dans le noir » afin de donner un alibi suffisant aux adeptes de la capitulation contractuelle.

La présente analyse vise à déconstruire ce narratif de l'effacement par les faits, en démontrant que la Tunisie dispose, au contraire, d'un levier d'interdépendance majeure pour exiger un rééquilibrage global de ses partenariats.

1. La valeur stratégique décuplée du TransMed face aux crises mondiales :

Le rôle de pivot énergétique de la Tunisie n'est plus seulement régional, il est devenu névralgique à l'échelle mondiale. La convergence de trois crises géopolitiques majeures a décuplé la valeur stratégique du réseau terrestre trans-tunisien (TransMed) pour l'ensemble du continent européen :

-L'onde de choc de la guerre en Ukraine : La rupture historique et définitive des approvisionnements en gaz russe a privé l'Europe de sa principale source d'énergie fossile. Dans cette quête absolue de diversification, l'Afrique du Nord, et particulièrement l'axe Algérie-Tunisie-Italie, est devenue l'alternative immédiate la plus fiable pour sécuriser l'Europe du Sud et le cœur industriel de l'UE (Italian Institute for International Political Studies - ISPI, « Can Africa Fill Europe's Energy Diversification Gap? », 31 mars 2022).

-La paralysie des détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz : Les tensions militaires dans le golfe d'Aden et le golfe Persique ont gravement compromis la sécurité des routes maritimes globales. Le transit du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) en provenance du Qatar et d’autres fournisseurs du Golfe par méthaniers est soumis à des goulots d'étranglement permanents, à des détours maritimes pharaoniques (via le Cap de Bonne-Espérance) et à une explosion des coûts d'assurance.

-Le TransMed comme sanctuaire d'approvisionnement : Face à l'insécurité des détroits et à la fin du gaz russe, le TransMed s'impose comme une infrastructure géographiquement immunisée contre les crises du Moyen-Orient. Ce pipeline terrestre offre un flux continu, direct et insensible aux blocus maritimes, propulsant le sol tunisien au rang de corridor de sécurité absolue pour la survie énergétique de l'Europe (Sonatrach / ENI Joint Technical Assessment, « Algerian gas reaches Italy and Central Europe via the TransMed Pipeline », janvier 2024).

2. La centralité du TransMed dans l'économie algérienne :

L'examen des indicateurs macroéconomiques sectoriels démontre la dépendance de l'Algérie envers ce réseau terrestre trans-tunisien, faisant du gazoduc Enrico Mattei (TransMed) le véritable poumon financier du régime d'Alger :

-Le poids des hydrocarbures dans les recettes algériennes : Les hydrocarbures représentent 93 % à 95 % des recettes d'exportation de l'Algérie (ISPI, 31 mars 2022) [Can Africa Fill Europe's Energy Diversification Gap?] et alimentent le budget de l'État algérien à hauteur de plus de 60 % via la fiscalité pétrolière.

-La part du TransMed dans les exportations de gaz : Selon les bilans énergétiques compilés, l'Algérie exporte environ 52 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz naturel par an (Real Instituto Elcano, « Another round of Algerian gas for Europe », 17 mai 2022). Le TransMed en achemine à lui seul entre 22 et 25 bcm directement vers l'Italie, soit près de 45 % à 50 % de la totalité des exportations gazières algériennes, et plus de 70 % de son gaz acheminé par pipeline (Sonatrach / ENI Joint Reports, janvier 2024 ; Real Instituto Elcano, 17 mai 2022) [Algerian gas reaches Italy and Central Europe via the TransMed ..., Another round of Algerian gas for Europe - Real Instituto Elcano].

-Valorisation financière pour Alger : Au cours moyen du gaz sur le marché européen (TTF), le flux transitant par le sol tunisien génère pour l'Algérie des revenus directs estimés entre 10 et 12 milliards de dollars par an. Une interruption ou une réduction structurelle de ce flux provoquerait un choc budgétaire immédiat et ingérable pour la paix sociale algérienne suffisamment fragile et menacée par un Hirak qui couve sous les cendres.

3. L'irréalisme technique et le péril sécuritaire du GALSI: La leçon du Nord Stream :

Selon les données techniques validées par les registres officiels du Global Energy Monitor (mis à jour en juillet 2024), le projet GALSI est une impossibilité industrielle et financière à court et moyen terme [GALSI Pipeline - Global Energy Monitor] :

-Profondeur abyssale : Le tracé maritime (565 km de section offshore) [GALSI Pipeline - Global Energy Monitor] impose une pose de conduites à une profondeur record de 2.885 mètres sous la mer Méditerranée, ce qui représente une complexité d’ingénierie exceptionnelle (Global Energy Monitor backstage reports, juillet 2024 ; Oil & Gas Advancement, « Algeria Sardinia Italy Gas Pipeline (Galsi) », 15 octobre 2023) [GALSI Pipeline - Global Energy Monitor, Algeria Sardinia Italy Gas Pipeline (Galsi), Algeria | Oil&Gas Advancement].

-Capacité limitée : Le GALSI a été configuré pour un débit maximal de 8 milliards de m³ par an (Global Energy Monitor, juillet 2024) [GALSI Pipeline - Global Energy Monitor]. Il ne pourrait donc absorber qu'un quart du flux du TransMed (capacité de 32 milliards de m³), rendant tout contournement total physiquement impossible.

-Impasse financière et réglementaire : Estimé initialement à 3 milliards de dollars (Middle East Economic Digest - MEED, « Decision on $3bn Galsi pipeline delayed », 19 décembre 2012) - MEED, GALSI Pipeline - Global Energy Monitor], sa réévaluation dépasse aujourd'hui 5 à 6 milliards de dollars. Dans le cadre du Green Deal de l'Union Européenne et du gel des financements fossiles lourds par les institutions bancaires internationales, sa levée de fonds est irréalisable, maintenant le projet au statut officiel de projet « mis de côté » (shelved), comme le confirme l'étude technique de l'Eurasia Review (« Algeria Energy Profile », 23 mars 2023) [GALSI Pipeline - Global Energy Monitor, Algeria Energy Profile: Major Oil And Natural Gas Producer - Analysis].

-Le fardeau critique de la vulnérabilité sous-marine (ex : Nord Stream, septembre 2022) :

Au-delà des barrières financières, l’impératif de sécurité internationale condamne les alternatives purement offshores.

-Le précédent Nord Stream 1 et 2 : Le sabotage spectaculaire des gazoducs Nord Stream en mer Baltique (septembre 2022) a définitivement démontré la vulnérabilité intrinsèque des infrastructures sous-marines profondes face aux attaques asymétriques, au terrorisme d'État ou aux actes de guerre hybride. En haute mer, la surveillance constante et la protection physique de centaines de kilomètres de conduites immergées sont matériellement impossibles.

-L''avantage du tracé terrestre tunisien : Face à ce péril sous-marin, le corridor trans-tunisien offre une résilience stratégique inégalée, soulignée dans l'étude sectorielle de l'Observatoire Méditerranéen de l'Énergie (Springer Nature, « Europe and the Eastern Mediterranean Energy Resources », octobre 2020). Un tracé terrestre permet un accès immédiat pour la maintenance, une surveillance continue par satellite et par patrouilles, ainsi qu'un contrôle souverain permanent, garantissant à Rome et à Alger une continuité de flux qu'aucune conduite immergée ne peut promettre (Sonatrach / ENI Joint Reports, janvier 2024) [Algerian gas reaches Italy and Central Europe via the TransMed ...].

4. Argumentaire pour une réévaluation à la hausse des redevances de transit :

Le taux actuel de la redevance tunisienne (5,25 %, prélevé majoritairement en nature) est obsolète et dérisoire. La Tunisie est légitimement en position d'exiger une réévaluation substantielle (objectif : 8 % à 10 %) :

-Le coût de la sécurisation : La Tunisie assure à ses frais exclusifs la protection militaire et technologique de 400 km de conduites terrestres et de stations de compression critiques (Cap Bon) (SNCFT / Ministère de l'Énergie, « Algeria-Tunisia gas pipeline safety report », mars 2021) [Algeria-Tunisia gas pipeline tramples on rights of Tunisian farmers]. Ce service de sécurité environnementale et industrielle, qui protège l'approvisionnement européen contre les risques de déstabilisation, devrait être intégré dans le coût du transit.

-L'indexation sur la prime de substitution : Si l'Algérie devait substituer le TransMed par du transport de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) par voie maritime pour livrer l'Italie, le coût de l'infrastructure portuaire et maritime augmenterait le coût de livraison de 25 % à 30 % (Oxford Institute for Energy Studies - OIES, « The Transmed Pipeline and Early Spanish Gas Import Projects », mai 2019) [The Transmed Pipeline and Early Spanish Gas Import Projects - AWS]. La redevance tunisienne actuelle est donc une décote majeure et une concession exorbitante accordée par la Tunisie à Alger.

-Valorisation budgétaire actuelle : Les recettes de cette redevance sont passées à plus de 1,8 milliard de dinars tunisiens (TND) par an (Le Manager, « La redevance du gaz algérien a rapporté 1,8 milliard de dinars aux caisses de l'État », 14 février 2024) [La redevance du gaz algérien a rapporté 1,8 milliard de dinars aux ...]. Ce gaz couvre entre 60 % et 66 % des besoins de consommation en gaz naturel de la Tunisie ce qui démontre l’importance de ce transit pour l’économie nationale.

5. Le Package Économique Global : Approche multilatérale:

La négociation ne doit plus s'isoler dans un face-à-face bilatéral restrictif avec Alger. Elle doit être intégrée dans un package global incluant les ressources hydriques communes et les leviers de financement de l'Union Européenne, bénéficiaire finale de cette stabilité.

Volet A : Le partenariat hydrique, le passif colonial et la spoliation de l'Albien:

-La question des ressources en eau partagées exige de soulever le préjudice historique et territorial subi par la Tunisie (Kapitalis, « Tunisie-Algérie : Le litige frontalier entre l’histoire et le droit », Elyes Kasri, 9 août 2024) [Tunisie-Algérie : Le litige frontalier entre l’histoire et le droit].

-La spoliation géologique de l'Albien : En raison de la délimitation arbitraire des frontières sahariennes opérée par l’administration coloniale française au profit de l'Algérie, la répartition du Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS), qui abrite la nappe fossile de l'Albien, est profondément asymétrique et inéquitable. Du fait de cette amputation de territoires historiquement liés à la régence de Tunis, l’Algérie accapare aujourd’hui près de 70 % des réserves de cette nappe stratégique, tandis que la Tunisie se voit contrainte de se contenter de la maigre proportion de 10 % (le reste étant partagé avec la Libye).

-L'exigence de quotas et de compensation : Face aux pompages intensifs et unilatéraux menés par Alger dans le Sud pour ses projets agricoles et industriels, qui provoquent l'effondrement de la piézométrie et l'assèchement des nappes en Tunisie, la Tunisie est en droit de lier le transit gazier du TransMed à un accord d'indemnisation écologique. Cela doit se traduire par la fixation de quotas de pompage stricts et un cofinancement algérien des projets de dessalement en Tunisie.

-La gestion des cours d'eau transfrontaliers (Medjerda) : Les affluents de la Medjerda prennent leur source en Algérie. La construction de barrages en amont par les autorités algériennes réduit structurellement le débit entrant en Tunisie, aggravant son stress hydrique. Le package de négociation doit inclure un accord-cadre contraignant garantissant un débit minimal annuel pour alimenter les barrages du Nord tunisien, indispensable à la sécurité alimentaire de la Tunisie.

Volet B : Le levier de l'Union Européenne — Assistance technique, financière et refondation de la connectivité souveraine :

-L’Italie et l'Union Européenne étant les bénéficiaires directes de la sécurité physique du corridor trans-tunisien, la Tunisie doit monnayer son rôle de verrou énergétique contre un plan d’investissement structurel et massif dans sa connectivité logistique.

-L'intégralité de ces projets d'envergure nationale sera exécutée sous forme de partenariat stratégique, bénéficiant d'une assistance technique de pointe et d'un financement structurel direct de l'Union Européenne, mobilisant les instruments du Global Gateway et de la Banque Européenne d'Investissement (BEI) :

-Infrastructures portuaires stratégiques en eaux profondes : Financement et ingénierie européenne pour acter le développement d'un grand hub portuaire en eaux profondes, indispensable pour sécuriser les chaînes de valeur de la Méditerranée centrale.

Deux options majeures sont soumises à l'arbitrage :

-La finalisation du complexe portuaire d'Enfidha ou la réalisation du port en eaux profondes de Bizerte, adossés à des zones franches industrielles hautement connectées.

-Refonte de l'infrastructure aéroportuaire (Le pôle d'Utique),

-Financement international pour la construction d'un nouvel aéroport international de grande envergure dans la périphérie du Grand Tunis (le site d’Utique ou autre). Ce projet vise à doter la Tunisie d'une plateforme d'accueil de classe mondiale, digne d'une grande destination touristique euro-méditerranéenne, tout en érigeant une zone économique aéronautique pour capter les investissements directs étrangers (IDE).

-Mécanisme de capitalisation par le foncier de Tunis-Carthage : Le transfert des opérations de l’aéroport Tunis Carthage vers Utique libérera l'assiette foncière de l'actuel aéroport (850 hectares), réaffectée pour financer le développement national :

A- Une Cité Administrative Moderne (250 ha) : Centralisation des ministères et institutions de l'État dans un périmètre technologique intelligent et décongestionné.

B- Un pôle résidentiel et d'affaires de haut standing (600 ha) : Quartier d'affaires de luxe et complexes haut de gamme dotés de régimes de zone franche financière, calibrés pour capter les flux de capitaux internationaux et les grandes fortunes du Moyen-Orient cherchant des havres d'investissement stables et sûrs en Méditerranée après l’instabilité qui a frappé et déprécié les sites du Golfe.

-Déploiement des transports ferroviaires urbains propres : Assistance et cofinancement européen d'un plan national de transport collectif ferroviaire décarboné. Ce programme exige l'achèvement du Réseau Ferroviaire Rapide (RFR) et du réseau de métro léger dans le Grand Tunis, ainsi que l'implantation de réseaux de transports ferroviaires modernes (métros légers, tramways ou RFR régionaux) dans les grandes agglomérations et pôles économiques tunisiens : Sfax, Sousse, Bizerte, Djerba…

-Modernisation lourde des réseaux ferroviaires de fret et routiers : Électrification et modernisation des lignes nationales de la SNCFT, en priorité l’axe de fret Tunis-Sfax-Gabès, la ligne minière du bassin de Gafsa, et l'extension de la ligne Gabès-Médenine-Zarzis. Ce volet intègre le financement complet du réseau autoroutier intérieur reliant les façades maritimes aux frontières et aux zones de développement Ouest.

-Fonds de compensation pour la transition industrielle : En contrepartie du maintien du flux gazier fossile vers l'Europe, l'UE doit financer la mise à niveau énergétique des industries tunisiennes pour anticiper la taxe carbone aux frontières (MACF / CBAM). Cela inclut des privilèges de transferts technologiques vers les énergies renouvelables (Real Instituto Elcano, 17 mai 2022) [Another round of Algerian gas for Europe - Real Instituto Elcano].

Asymétrie positive d'accès au marché européen : Obtenir un assouplissement des règles d'origine et des barrières non tarifaires pour les produits industriels et agricoles tunisiens entrant sur le marché unique européen (Istituto Affari Internazionali - IAI, « Pipeline Politics: Algeria, Italy and the Great Game in North Africa », juin 2023) [PIPELINE POLITICS: ALGERIA, ITALY AND THE GREAT GAME IN NORTH ...].

Conclusion : Pour une diplomatie de l'interdépendance active et équitablement profitable

Céder à la panique face à l'alternative GALSI relève d'une asymétrie psychologique savamment entretenue par des officines étrangères à travers la cinquième colonne de la « khawakhawanomanie » ambiante, et non d'une contrainte technique réelle.

La Tunisie détient une carte maîtresse mondiale : la sécurité, la viabilité et la supériorité stratégique terrestre de l'autoroute énergétique tunisienne vers l'Europe dans un monde marqué par la fermeture des détroits et les crises climatiques.

La Tunisie est incontestablement le verrou énergétique d’une Europe qui paie au prix fort le boycott du gaz russe et l’instabilité qui prévaut, sans perspective de stabilisation à court et à moyen termes, dans les détroits d’Ormuz et Bab Al Mandeb.

Elle tient également le régime algérien par la jugulaire, car en dépit de toutes les fanfaronnades, ce régime se trouve confronté à une population frustrée et prête à en découdre ne pourra pas se passer à moyen et même à long terme du TRANSMED et des recettes financières et des garanties sécuritaires que offertes par le transit par la Tunisie plus qu’aucun autre itinéraire.

Il appartient aux négociateurs tunisiens d'exploiter ce nœud vital pour redresser les torts asymétriques hérités de l'histoire — qu'il s'agisse des redevances énergétiques, de la spoliation de l'Albien ou du développement de nos infrastructures critiques de transport et de logistique — et arracher un accord digne, global et protecteur des intérêts supérieurs de la Nation.

Le célèbre philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) a bien dit que « la liberté est le droit de ne pas être soumis à la fatalité extérieure »

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