Trump otage de Netanyahou…

La démission, le 17 mars 2026, de Joe Kent de son poste de directeur du Centre National de Lutte contre le Terrorisme, constitue un tournant majeur au sein de l'administration américaine et un revers politique considérable pour le président Trump et le parti républicain dans la perspective des élections à mi-mandat du 3 novembre 2026, au Congrès américain avec le renouvellement de la totalité des 435 sièges de la chambre des représentants et du tiers des 100 sièges au Sénat.

Ancien Officier des forces spéciales (Rangers et Bérets Verts), Joe Kent a effectué onze déploiements en zone de combat. Après la mort de son épouse Shannon (tuée en Syrie en 2019), il est devenu une voix influente du mouvement "non-interventionniste". Il a été nommé par Donald Trump en février 2025 et confirmé par le Sénat en juillet de la même année.

Dans sa lettre de démission, Joe Kent a justifié son départ par son opposition frontale à l'engagement militaire des États-Unis contre l'Iran, avançant les points suivants :

-Absence de menace imminente : Il affirme que l'Iran ne représentait aucun danger direct pour la sécurité nationale américaine.

-Influence étrangère : Il dénonce une guerre déclenchée sous "la pression d'Israël et de son puissant lobby américain".

-Conscience morale : Il déclare ne plus pouvoir, "en toute conscience", soutenir les hostilités en cours.

Cette démission intervient dans un climat de blocage politique et militaire et de perspectives d’enlisement de l’opération israélo-américaine contre l’Iran avec ses retombées néfastes sur l'économie américaine ainsi que sur la crédibilité de l’OTAN dont les membres refusent de s’engager aux côtés d'Israël des États-Unis contre l’Iran, suscitant ainsi de fortes tensions au sein de l’alliance atlantique et de l'appareil sécuritaire américain.

Cette démission tombe très mal pour un président Trump embourbé dans une série de scandales et de décisions vivement contestées auxquels vient s’ajouter une guerre désavouée par la majorité des Américains et leurs alliés illustrant une de ses nombreuses contradictions puisqu’il avait été élu sur une promesse de paix et de prospérité avec un retour de la grandeur des états Unis d’Amérique (MAGA) et de l’Amérique avant tout (America First).

Outre les électeurs démocratiques qui se sont déjà démarques du lobby pro israélien depuis le génocide de Gaza, la base électorale républicaine commence à s’exprimer avec véhémence contre ce qui est à ses yeux une politique d’Israel avant tout (Israel First) au détriment des intérêts américains.

La crainte des retombées économiques de la guerre contre l’Iran et du risque d'enlisement qui pourrait en faire un deuxième Vietnam, est de nature a accentuer la perspective d’un raz de marée démocrate aux prochaines élections législatives pour arracher aux républicains leur faible majorité dans les deux chambres du Congrès et permettre à la nouvelle majorité démocrate d’entamer une série de procédures de destitution et d’inculpation du président Trump et des membres de son administration.

Joe Kent semble avoir pressenti la vague qui se lève contre la politique de compromission des intérêts des États-Unis et la tradition d’inféodation politique et militaire au lobby pro israélien.

Après Gaza, le lobby pro israélien et le sionisme international se trouvent confrontés à un défi et une érosion sans précédent aux États-Unis d’Amérique, principal pourvoyeur de fonds et de technologie et défenseur acharné de toutes les dérives et crimes israéliens contre les normes éthiques et du droit international.

D’ici novembre, Trump sera plus que jamais l’otage du lobby pro israélien et du sionisme international dont il serait toutefois imprudent de sous-estimer les chances de survie et de rebond.

La volatilité et les incertitudes géostratégiques mondiales ne peuvent qu'être exacerbées par l’impasse politique et militaire créée par l’aventure militaire contre l’Iran qui semble avoir de plus en plus de chances de déborder au-delà de la région du Golfe, en particulier en direction des zones riches en hydrocarbures. L’Afrique du Nord étant la plus proche du théâtre européen et de l’alliance atlantique.

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