Le paradoxe de la Tunisie actuelle : Appeler au renouveau tout en s’accrochant aux choix et vestiges du passé !

La Tunisie est aujourd’hui confrontée, comme beaucoup d’autres pays, à des défis de modernisation et de repositionnement dans un monde en pleine mutation vers des rapports et équilibres aux contours encore flous et incertains en dépit des rêves éveillés et des incantations des exaltés et idéologues incurables.

Face aux décisions qui s'imposent avec une grande acuité, la Tunisie semble faire preuve de frilosité et de manque de vision avec une prédilection pour les anciens formats économiques en espérant remettre en marche des choix et institutions économiques qui relèvent d’une époque révolue et qui ont mené la Tunisie a sa précarité actuelle.

Si la production et la distribution nécessitent une nouvelle vision loin des mythes fondateurs de la deuxième moitié du siècle dernier, le transport, grande faiblesse qui réduit à néant l'avantage géographique de la Tunisie, a grandement besoin d’une vision futuriste d’une Tunisie hub de production, de services et de savoir, loin des replâtrages des modèles et choix du passé.

Outre une politique tous azimuts du ferroviaire urbain et interurbain, avec tous les gains envisageables en mobilité, énergie, couts de tout genre et qualité de l’environnement, la Tunisie devrait repenser le modèle des points d'entrée portuaires et aéroportuaires en hubs multimodaux de services.

Il faut se rendre à l'évidence que l'aéroport de Tunis Carthage avec son classement mondial de bas d’échelle représente désormais une nuisance et un handicap au développement immobilier du grand Tunis, projetant une piètre image de la Tunisie et que sa place est ailleurs dans la périphérie de Tunis (Utique ou Jbel Ressas ou ailleurs).

Pour sa part, le choix d’Enfidha pour le grand port en eau profonde aurait été motivé essentiellement par des considérations politiques et régionalistes sous le règne de feu Ben Ali et ne pourrait être situé, selon de nombreux experts tunisiens et étrangers, qu'à Bizerte dont seul Jules Ferry semble avoir saisi la valeur stratégique.

Le paradoxe de la Tunisie actuelle est d’appeler au renouveau tout en s’accrochant aux choix et vestiges du passé.

Pour être conséquent, il serait judicieux de faire un constat serein des limites et insuffisances des choix du passé pour éviter d’en perpétuer les retours négatifs en osant concevoir une vision audacieuse de la Tunisie de demain.

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