Le courage et la dignité des gazaouis

Alors que la propagande occidentalo-sioniste avait longtemps magnifié et exploité l’image de l’arabe émotif, lâche, fourbe et corrompu, le courage et la bravoure des militants gazaouis commencent à arracher le respect et même une certaine admiration d’un segment de plus en plus grand de la société et de l’intelligentsia israéliennes et ailleurs dans le monde.

Selon Mordekhaï Kedar, orientologue israélien, conférencier à la faculté d'arabe de l'Université Bar-Ilan et enseignant-chercheur au centre Begin-Sadate de recherche stratégique, même s’il restait un seul militant du Hamas avec un bras amputé et le deuxième avec seulement deux doigts, il monterait sur les décombres d’une mosquée détruite pour faire avec ses deux derniers doigts le signe de la victoire.

Mordechai Kedar pense que ce palestinien ne se laissera pas abattre car il est convaincu que ses enfants et petits-enfants reprendront le flambeau de la résistance.

Face à un déluge infernal d’une intensité exceptionnelle de fer et de feu, tous les segments de la population gazaouie font preuve d’une dignité admirable face à l'adversité avec un attachement exemplaire à la terre qui rappelle le poème du célèbre Aboul Kacem Chebbi إرادة الحياة et le vers légendaire :


اذا الشعب يوما اراد الحياة

فلا بدً أن يستجيب القدر

La ténacité des gazaouis, leur dignité face à l'adversité et leur conviction que le salut ne viendra que de leurs sacrifices, pourrait servir d'exemple à de nombreux peuples arabes et notamment en Tunisie.

Même si le peuple tunisien ne cesse d’exprimer son soutien à la juste cause du peuple palestinien, certains responsables et activistes semblent vouloir se donner bonne image en s’exhibant comme au carnaval de Rio ou de Venise en arborant le keffieh palestinien avec des slogans qui sont loin de faire le moine et en l’occurrence le militant authentique.

Le soutien à nos frères palestiniens gagnerait à éviter de sombrer dans la gesticulation et l’exhibitionnisme vestimentaire de mauvais aloi pour faire plutôt de la Tunisie un pays fort et crédible capable d’apporter un soutien matériel et diplomatique tangible à la cause palestinienne et s'exprimant d’une voix audible et convaincante au sein des instances régionales et internationales en faveur du recouvrement par le peuple palestinien de ses droits légitimes et inaliénables.

Entre gesticulation, exhibitionnisme et soutien effectif, gît un fossé qui s'appelle crédibilité.

Il est à craindre que si le ridicule se mettait par malheur à tuer, la Tunisie subirait une hécatombe pire que celle de Gaza.

Puissent le courage et la dignité des gazaouis nous inspirer pour que nous fassions de l'année 2024, celle de la mobilisation et de l'unité des rangs en vue de la victoire contre nos mauvais instincts et les apôtres de la division et de l’autodestruction et leurs sbires hybrides hyènes-caméléons qui ont accaparé les devants de la scène depuis un certain 14 janvier 2011 dont l’histoire devra un jour faire un bilan serein et objectif de ses tenants, aboutissants et réalisations.

Il est grand temps d’admettre que notre salut ne viendra que de notre foi en nous-mêmes et en la nécessité d’un partage équitable des sacrifices inévitables en vue de bâtir un avenir commun et solidaire qui offrira aux prochaines générations mieux que le chômage, le sous-emploi et le mal être dans leur pays ou, pire, l’exil qui fera d’eux des immigrants et des citoyens de second rang si ce n’est des illégaux à traquer et à accabler de tous les maux, stéréotypes et crimes.

En ce début d'année qui semble annonciateur d’une nouvelle ère, il n’est pas inutile de répéter que la Tunisie mérite mieux et peut mieux faire.

Faut-il qu’elle croie en elle-même et s’engage délibérément et sereinement sans faux fuyant ni subterfuge dans un programme de sacrifices équitablement répartis et de relance socio-économique avec une vision crédible de développement et de prospérité pour que l'héritière de Carthage, la première démocratie dont Aristote avait fait l'éloge, et la superpuissance économique et militaire de l'antiquité, soit à la hauteur de ses ancêtres et au rendez-vous avec son destin.

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