لماذا يجب أن نحتفل ب"الثورة"؟

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المخلوع بن علي المستبدّ الجاهل، بتوصيات كبار أحبار النّمط و تطبيقا لاغتصاب اللّاشعور و طمس الذّاكرة لإعادة تشكيلها، على إيقاع توجيهات الرّئيس و محطّات التّاريخ المنتقاة و المصنوعة، فرض الاحتفال الجمعي بذكرى انقلاب طبّي كان بمتابة بيعة سنويّة تجنّد له كلّ "طاقات" البلاد والعباد.

احتفال بذكرى خيانة صاحب الفضل عليهم من مجّدوه إلى حدّ التّقديس طيلة نصف قرن. كهنة هيكل النّمط و مشعوذوه المتتلمذون على كبيرهم الّذي علّمهم السّحر لينقلب السّحر على السّاحر في لحظة انفلات…امتصّوا فلتة و هزّة في وعي المغيّبين المسحورين.. شبه صحوة.. أو سير اثناء النّوم…و تمكّنوا من إرجاع " المريض"إلى السّرير…لزيادة جرعات التّخدير..

لعبوا على المسمّيات كما أرادوا..من ثورة .. إلى انقلاب.. إلى اسطوانة المؤامرة…من "الضّلف" الى الياسمين…من 17 ديسمبر إلى 14 جانفي، إلى نفيها تماما…ليتحوّل المجرمون و السّحليات الهجينة الحلزونية "الحرباوية" من جناة مطاردين مختبئين في جحورهم إلى "أصحاب حقّ" طالبين لجبر الضّرر و مهدّدين لكلّ من كان وراءها.. كلّه في إطار قلب المفاهيم و الكذب و الدّجل و الاستفزاز الغريزي .

استغلال لواقع التّهميش و الجهل و الفقر للتمكّن الكامل من السّيطرة على الوضع.

اوّلياتهم كانت ترذيل الثّورة و هرسلتها و تحويل كلّ شعاراتها إلى كلام مبتذل فارغ بلا معنى ثمّ تكفير كلّ محاولة لتغيير الواقع البائس تكريسا للإذلال و ثقافة الهزيمة و الانكسار و فسخ كلمة ثورة من القاموس.."نحن لسنا أهلا للحرّية و للكرامة و الديمقراطية"، هذه القناعة الّتي أرادوا نشرها و تعميمها لجعل من سعى إلى التحرّر يندم على ذلك و يتوب توبة نصوحا و يستدعي الاستبداد و الاستعباد.

مجرّد ذكر كلمة "ثورة" او الاشارة إليها يمثّل فشلا لمخطّطاتهم الّتي ترمي إلى قبر و وأد كلّ محاولة تغيير لواقع يعتقدون انّهم هم صانعوه و مسيطرون عليه.

الاحتفال بذكرى الثّورة بالقدر المطلوب و لو شعبيّا و من قبل النّخبة المستنيرة المتحرّرة يعتبر بالاهمّية بمكان حتّى نجعل شعلة الأمل لا تنطفئ في انتظار انبلاج صبح جديد.

للثورة انتصارات و انكسارات و موجات مدّ و جزر و ستنتصر في النّهاية و لو بعد حين و العصافير لن تعود إلى القفص و لو كان من الذّهب الخالص.

"غدا ستطير العصافير"

د محمّد فتحي الشّوك


Il y avait un avant 17 Décembre 2010 et un après….

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L'avant 17 Décembre 2010….est simple à décrire : un clan mafieux gouvernait le pays adossé à un régime policier, à des milices de délateurs et d'indicateurs, à une justice aux ordres et à d'innombrables opportunistes formant son armée de mercenaires.

Le citoyen lambda était endetté jusqu'au cou si bien qu'il n'osait pas protester ou exprimer sa désapprobation , il se contentait de faire discrètement la moue, de chuchoter et de murmurer, la crainte du régime et de ses représailles , de ses indicateurs et de ses tortionnaires avait rendu ce peuple muet, apathique, passif et étrangement féru de toutes les banalités , de tous ces petits expédients: ragots, rumeurs, alcool, football qui remplissent ses journées moroses et alimentent ses conversations insipides et ternes…

Sur Facebook, au moment où le Tunisien découvrait les réseaux sociaux…on discutait football, mezoued, modes, on se partageait des recettes de cuisine, on écrivait, pour les plus lettrés, des poèmes, les célibataires cherchaient l'âme sœur, on était très réservé sur toutes les questions qui pouvaient éveiller les soupçons de la dictature et nous valoir quelques ennuis, et puis, les plus téméraires osaient des allusions, des sous-entendus, mais avaient assez de talent pour ne pas être compris non seulement par les sbires du régime mais par tout le monde….

L'euphémisme et la litote nécessitent une subtilité de l'esprit que nombreux n'ont pas….Les commères s'attardaient souvent sur les frasques et scandales de la famille Trabelsi, ils avaient toujours des nouvelles croustillantes du palais que des langues déliées rapportaient au commun des mortels pour peupler ses conversations oiseuses au café ou à la maison, vous savez, c'était devenue presque une mode: tout savoir des Trabelsi jusqu'à pénétrer dans leur intimité grâce à ces petits vantards qui se targuaient de connaître la belle-sœur de la belle-fille du beau-père du menuisier dont la sœur s'était fiancée au gendre du jardinier dont la cousine était la femme de ménage du voisin de Imed Trabelsi….

Avant l'étincelle, avant le coup de tonnerre, avant ce sursaut rageur d'un peuple asservi et castré, impuissant et malmené…pauvre et exploité, violenté et violé par une meute de brigands… la Tunisie… c'était à peu près ça…figée, spoliée, avilie et rudoyée !!!

L'Après….quoi qu'il advienne….cet après est le moment où le Tunisien a appris qu'il peut critiquer ses gouvernants, les dénigrer, les diffamer, les insulter ….sans risquer d'aller pourrir en prison…Pendant soixante ans, il n'a connu que deux présidents, en dix ans , il en connu cinq ou six, des élections libres ont eu lieu, il a choisi ses élus sans être contraint de ne choisir que le seul bulletin de vote mis à sa disposition, il a vu des gouvernements tomber, des chefs de gouvernement démissionner, sur FB il s'autorise tous les excès et a appris à parler politique….

Certes, il est dans l'excès, dans la démesure, mais après soixante ans de silence forcé, de disette, les orgies verbales sont nécessaires…Certes, il y a des mécontents, des nostalgiques, pour la plupart les vieilles béquilles de la tyrannie, mais ceux qui étaient nés en ce lointain décembre 2010, ont aujourd'hui dix ans, ils sont nés libres et le demeureront…Merci à tous ces martyrs auxquels les hommes dignes seront éternellement reconnaissants….

Je vous rappelle tout cela pour que vous sachiez qui vous étiez et d'où vous venez…après, vous saurez où vous devez aller et à quoi vous devez résister.

Chiheb Boughedir

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