Les partis, ce sont des créatures qui font des compromis…

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Je ne comprends pas l'étonnement de mes compatriotes qui se frottaient les mains il y a peu au spectacle de négociations qui menaient toutes à des culs de sac et qui, aujourd'hui que le parti gagnant a trouvé la solution, se désolent de la situation.

Les partis, ce sont des créatures qui font des compromis. Si vous attendez d'eux qu'ils se tiennent à leurs promesses au détriment de leurs intérêts, vous vous faites d'eux une idée fausse. Votre naïveté sera autant à blâmer, sinon plus, que leur sens de l'opportunité.

Maintenant, si la même alliance qui a servi à l'élection du président du Parlement va aussi servir de base à la formation du gouvernement, il est certain que le topo n'est pas top. Mais ça, nous pouvions nous en douter dès l'annonce des premiers résultats des législatives.

Les deux partis vainqueurs étant pour l'un un regroupement d'islamistes dont la cohésion tient plus aux persécutions qu'ils ont subies dans le passé qu'à la pertinence des solutions qu'ils proposent aux problèmes du jour et, pour l'autre, la rencontre d'opportunistes dont certains ont quelques idées mais dont beaucoup sont sans foi ni loi.

Cette situation, nous le savons bien, ou en tout cas nous pouvons le comprendre, tient au fait que nous ne parvenons pas dans ce pays à construire des partis qui fédèrent durablement et qui puissent servir de machines électorales.

L'exemple de Nidaa Tounès devrait suffire à nous en convaincre. Est-ce si regrettable ? Ce n'est pas sûr. Il y a des formes de démocratie citoyenne qui sont possibles et qui ne s'appuient pas sur le jeu des partis.

Que ce qui se passe actuellement au Parlement nous serve de signe pour explorer cette voie. Que l'on se donne le droit de croire à une démocratie plus festive, qui n'exclut pas le citoyen, qui ne le prive pas de la possibilité de changer lui-même le réel de son pays. Nous aurons gagné sur deux tableaux.

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