Une diplomatie qui a ses priorités nouvelles et ses partenaires potentiels…

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On s'interroge sur les raisons pour lesquelles notre ambassadeur en Iran a été convié au Palais de Carthage lors de la rencontre avec le ministre allemand des Affaires étrangères. Certains y voient une insulte à la procédure. En tout il faut d'abord et avant tout sacrifier à la bonne procédure.

Les défenseurs de ce culte du protocole - qu'ils n'hésitent pas à confondre avec l'usage - entendent sûrement nous informer qu'en ce qui les concerne, et contrairement à la lie du peuple que nous sommes, l'ordre a un sens pour eux et que la pagaille n'est pas leur mode d'être. Soit.

Pour ce qui nous concerne, on relèvera que si notre président parle parfois comme un robot, ce n'est pas comme tel qu'il agit et exerce sa fonction. Et c'est heureux. Et que si la situation exige qu'on fasse des entorses aux usages pour faire avancer une cause qui est salutaire, la bonne façon de procéder n'est pas de s'en tenir aux procédures mais de se préoccuper seulement des meilleures conditions de réussite de ce que l'on entreprend.

Maintenant, que notre ambassadeur en Iran ait des chances d'exercer de hautes fonctions dans les mois qui viennent, c'est fort possible. On peut penser aussi que le président envoie ainsi une sorte de message codé à qui de droit concernant le profil souhaité des responsables dans les domaines sur lesquels il bénéficie de prérogatives en vertu de la Constitution. La pertinence du choix en la matière est moins affaire de CV que de compatibilité avec une diplomatie qui a ses priorités nouvelles et ses partenaires potentiels.

Mais ces considérations sont peut-être assez secondaires finalement. L'essentiel réside probablement dans le fait qu'il existe aujourd'hui une initiative possible à envisager en vue de changer la nature de la relation entre le bloc des nations arabes et l'Iran. Et que la Tunisie qui a émergé des dernières élections dispose d'une sorte de position favorable pour engager une transition vers quelque chose de plus apaisé et de plus amical. Ce qui ne ferait pas seulement l'affaire des pays du Moyen-Orient, mais du monde entier.

Qui ignore ce que la guerre larvée entre Arabes et Iraniens à engendré comme actions insidieuses de financement et d'armement de groupes dont la nature terroriste devient ensuite une menace pour tous, bien au-delà des frontières des États belligérants ?

Bien sûr, on ne doutera pas qu'il y en auront qui ricaneront à l'idée de pareille hypothèse. Comment un vague professeur de droit, inexpérimenté, idéaliste et poussé au poste qu'il occupe par les ignares que nous sommes pourrait-il se retrouver aux premières loges d'un jeu diplomatique des plus sensibles de notre époque ?

J'admets bien volontiers que l'hypothèse ne manque pas d'audace. Mais elle n'est pas pour autant invraisemblable : la présence conjointe du ministre allemand et de notre diplomate en Iran lui donne toute sa crédibilité.

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