À l’attention du spectre numérique baptisé « Dr Abderrahmane Cherfouh », et à ses véritables patrons : les scribes en treillis de la DGDSE algérienne.
(Pour rappel, la DGDSE – Direction Générale de la Documentation et de la Sécurité Extérieure – est le service de renseignement extérieur de l’Algérie. Chargée des opérations hors des frontières, elle orchestre notamment la guerre psychologique et la création de faux profils pour saturer l'espace médiatique et influencer l'opinion des pays voisins).
Messieurs les agents d’influence,
C’est toujours un spectacle fascinant que de voir les laboratoires de la guerre psychologique d’Alger s’agiter dès qu’une voix libre refuse de réciter leur catéchisme sécuritaire. À chacune de mes analyses sur la souveraineté tunisienne, votre logiciel de propagande convulse. Vous nous jetez alors au visage les tirades kilométriques d'un « Docteur » sorti tout droit de vos ordinateurs de la caserne des Pins Maritimes.
Permettez au diplomate que je suis de poser un diagnostic clinique sur votre pitoyable tentative d'intimidation :
1. L'imposture clinique du néant canadien:
C’est ici que le bât blesse pour vos pieds nickelés et ingénieurs du mensonge étatique : votre créature souffre d’un syndrome fatal, celui du néant matériel.
Monsieur le « Docteur » en chambre, ouvrez donc la fenêtre de votre cabinet fantôme et regardez le monde réel. L’Ordre des médecins du Canada n'a jamais entendu votre nom, le fisc canadien ignore votre existence, et aucune mention n’est faite de votre illustre personnage parmi les publications de la diaspora maghrébine vivant à Montréal d'avoir jamais croisé votre silhouette dans un café ou une conférence. Vous n’avez ni visage, ni voix, ni adresse, ni cabinet. Vous n'êtes qu'une adresse IP, un profil de circonstance bricolé à la hâte pour saturer les sections de commentaires et blanchir la propagande d’Alger sous un faux vernis académique et occidental.
Cette inexistence physique et professionnelle est votre aveu de faiblesse : vous êtes obligés d’inventer des citoyens canadiens imaginaires pour oser contredire la libre expression tunisienne. Si vos arguments étaient solides, ils seraient signés par des hommes réels, debout, et non par des spectres de disques durs actionnés à distance.
2. Le chantage au gaz : quand la fraternité a l'odeur du soufre:
Dès qu’il m’arrive de proposer que la Tunisie diversifie ses alliances énergétiques pour briser sa dépendance, votre automate se met à cracher des tableaux macroéconomiques pour justifier le « cordon ombilical » qui nous lie à Alger.
Soyons clairs : vos livraisons de gaz ne sont pas des actes de charité ni de fraternité maghrébine, ce sont des transactions. Prétendre que la Tunisie commet un sacrilège en pensant à son autonomie trahit votre véritable nature : celle d’un suzerain qui panique dès que sa colonie énergétique ose lever la tête. La souveraineté tunisienne ne se dissout pas dans vos pipelines, et notre droit à la parole ne dépend pas de votre diplomatie du robinet.
3. Votre allergie maladive à la démocratie tunisienne:
Ce qui vous effraie au plus haut point, ce ne sont pas mes analyses, c'est le concept même de débat public. Votre réflexe pavlovien de psychiatriser la critique – en m’accusant d’« obsession algérienne » ou de « délire complotiste » – est la signature indélébile des dictatures d’une époque périmée.
Vous qui prétendez jouir du confort démocratique montréalais, vous passez vos journées à tenter de formoler l’esprit critique des Tunisiens depuis vos bureaux censurés. Vous préférez les voisins dociles, muets et alignés. Dommage pour vous : la Tunisie n’est pas une caserne, et son destin ne s’écrira pas sous la dictée de vos officiers traitants.
EN CONCLUSION:
Messieurs les apprentis-sorciers de la DGDSE, le cas de votre « Dr Cherfouh » est cliniquement désespéré. L’autopsie de son profil révèle une pathologie incurable : une absence totale de moelle républicaine et une dépendance terminale aux télégrammes cryptés de sa hiérarchie.
Vouloir soigner l'esprit critique des Tunisiens avec un médecin fantôme est un traitement de charlatans. La Tunisie continuera de penser, d'analyser et de respirer, debout et insoumise à vos fantasmes de tutorat régional. Quant à votre ectoplasme médical, débranchez-le. Il est grand temps de renvoyer ce malade imaginaire dans les disques durs de vos casernes, et de comprendre – enfin – que la liberté tunisienne ne s'écrira jamais sous la dictée de vos officiers traitants.
Quant au peuple algérien, dont une bonne partie sont d’origine tunisienne, si ce n’était le tracé frontalier dont l’impérialisme colonial s’est rendu coupable, avec le consentement et le blanchiment ultérieurs par la junte militaro-sécuritaire au pouvoir à Alger, ils seront toujours les bienvenus dans le pays de leurs fiers ancêtres.
En dépit des tentatives malsaines de certains despotes kleptocrates de semer la méfiance et la discorde entre les peuples de la région afin de préserver la rente naturelle, je souhaite le meilleur du monde au peuple algérien et surtout, en premier lieu, la liberté, la démocratie et la justice sociale.
وكما قال الشاعر التونسي الفذ أبو القاسم الشابي:
إذا الشّعْبُ يَوْمَاً أرَادَ الْحَيَـاةَ
فــلا بــدّ أن يســتجيب القــدرْ
ولا بُـدَّ لِلَّيـْلِ أنْ يَنْجَلِــي
وَلا بُدَّ للقَيْدِ أَنْ يَـنْكَسِـر
وَمَنْ لَمْ يُعَانِقْهُ شَوْقُ الْحَيَـاةِ
تَبَخَّـرَ في جَوِّهَـا وَانْدَثَـر
فَوَيْلٌ لِمَنْ لَمْ تَشُقْـهُ الْحَيَاةُ
مِنْ صَفْعَـةِ العَـدَم المُنْتَصِر