Le cas de Mohamed Yousfi est l'illustration parfaite de la manière dont le pouvoir actuel répond, et ne sait pas répondre autrement, à un journalisme qui entend rester fidèle à sa mission de recherche de la vérité : l'intimidation et la séquestration.
Et il est regrettable que, dans cette besogne indigne, quelque journaliste à l'esprit égaré ait pu, par ses accusations, mettre le pied à l'étrier à la machine de la terreur.
Quelles que soient ses dénégations, on ne porte pas ce type précis d'accusations contre un confrère dont on sait pertinemment qu'il constitue un client de choix pour le pouvoir et ses méthodes. Le faire, c'est, de façon consciente ou peut-être inconsciente, désigner une cible à l'action de la machine.
Face à un journaliste qui s'expose, le devoir est de le protéger : pas de l'exposer davantage.