Dans un monde en pleine mutation géostratégique et face à une accélération de l'histoire avec ses aléas et défis sécuritaires et socio-économiques, la Tunisie n’est pas encore parvenue, malgré plus de quinze ans d'expérimentation, à forger un consensus national sur ses référents historiques les plus pertinents et ses objectifs futurs dans une scène internationale caractérisée par la fluidité, l'opacité et une mutation déconcertante des valeurs internationales au moment où le droit international établi au siècle dernier donne des signes sérieux d’inopérance et d'obsolescence.
Fragilisée par une dimension géographique rognée par les vicissitude de l’histoire coloniale et une phase post révolutionnaire que certains qualifient de transe et que les indicateurs macroéconomiques pourraient assimiler à une automutilation, la Tunisie se trouve dans une situation de vulnérabilité qui rend vitale la quête de référents historiques pertinents pour l'édification d’une doctrine sécuritaire susceptible de lui permettre de naviguer avec le minimum de dégâts les eaux troubles de la tempête qui se profile à l'horizon.
Parmi les événements historiques pertinents a plus d’un titre figure l’attaque terroriste de Gafsa en janvier 1980 avec ses dessous et péripéties locaux, régionaux et internationaux.
Occulter l'attaque de Gafsa et la classer comme un fait divers pourrait priver la Tunisie d’éléments importants de perspicacité et d'appréciation de la menace et des prérequis de la sécurité alors que le monde en général, l’Afrique du nord ne pourra pas faire exception surtout que le facteur énergétique semble jouer le rôle de catalyseur de conflits, entre dans une phase d'instabilité, de mutation et de reconfiguration géopolitiques.
Après la Yougoslavie, le Soudan, l’Irak, la Syrie, l’Ukraine, le Venezuela et l’Iran, a qui sera le tour et comment se prémunir de cette déferlante qui prend l’allure d’un tsunami, telle est la question qui gagnerait à être abordée avec sérénité et sagacité en Tunisie loin de tout sentimentalisme et d’illusions motivées par des émotions dont la sincérité et les motifs mériteraient un plus grand recul et une prudence particulière.
La sécurité de la Tunisie et même sa survie en dépendent.