Tourmente financière: la Tunisie impactée via les fonds qataris

(Sources : E4T et agences)

Contrairement à ce qui est dit dans de nombreux médias tunisiens, la tourmente bancaire qui secoue les marchés mondiaux vont impacter la Tunisie, directement ou indirectement. Les informations commencent à filtrer, pour savoir progressivement que des actifs qataris en Tunisie sont impactés, par l’onde de choc qui frappe le fonds d’investissements et de développement qataris, entre autres.

Ces fonds ont prêté amplement à la Tunisie, et ont des projets en montage ou à l’œuvre dans plusieurs secteurs et régions : tourisme, télécommunication, commerce, santé, banques…et partis politiques !

Des milliards de dollars sont en jeu! Le Fonds Souverain d’investissement du Qatar est pleinement secoué par la déroute du Crédit Suisse…

Actionnaire depuis 14 ans de Crédit Suisse, le fonds souverain du Qatar a connu désillusion et frustration sur un titre qui a perdu 95 % de sa valeur depuis 2008. Ses investissements dans les banques occidentales lui ont fait perdre des milliards.

Les déboires de Crédit Suisse résonnent à 6.000 kilomètres de Zurich, à Doha, la capitale du Qatar. Le fonds souverain du Qatar, la Qatar Investment Authority (QIA), est actionnaire depuis quatorze ans de cette banque suisse qui lui a coûté des milliards.

La QIA avait augmenté sa participation de 5,5 % à 7 % sur Crédit Suisse au plus mauvais moment, au dernier trimestre, et malgré une moins-value de l'ordre de 2 milliards de dollars, selon les estimations de l'institut sur les fonds souverains du « Global SWF ». Depuis son entrée au capital en 2008, le fonds d'investissement étatique du Qatar a régulièrement augmenté son investissement quand le titre chutait vers l'équivalent de 10 dollars, comme entre 2015 et 2018 puis en 2021. Un mauvais calcul.

L'action vaut aujourd'hui 2 francs suisses soit 2,1 dollars. La QIA en détenait 272,5 millions fin 2022, soit 572 millions de dollars. En 2008, sa participation (9,9 % du capital) était valorisée autour de 2,8 milliards de dollars.

Trois ans après sa création en 2005, la QIA était entrée dans la plus grande crise financière depuis 1929.

En 2008, elle avait pris des participations dans Crédit Suisse et Barclays, et deux ans plus tard dans la filiale brésilienne de Banco Santander. Elle avait acquis 5 % du capital de Banco Santander Brazil pour 2,7 milliards de dollars. Or le cours de la banque brésilienne a été divisé par deux depuis 2010.

Comme d'autres fonds du Golfe, la QIA avait estimé à l'époque que la crise offrait une occasion historique pour investir dans les grandes banques internationales à des cours plus attractifs. Le fonds qatari s'était ensuite diversifié hors de la finance et avait accéléré ses investissements dans les grandes valeurs américaines, européennes et anglaises. Aujourd'hui, les infrastructures comme sa participation dans l'aéroport anglais de Heathrow représentent 16 % des capitaux.

Une même proportion est investie dans l'immobilier notamment à New York et à Londres. Deux classes d'actifs, le capital investissement et les actions cotées (Porsche…) représentent chacune un tiers des capitaux du fonds.

Un élément positif pour le fonds souverain : il devrait profiter des excédents budgétaires du Qatar en 2022 et 2023 liés à ses exportations de gaz naturel. Selon le Global SWF, il pourrait récolter près de 32 milliards de dollars de liquidités supplémentaires à investir sur les marchés. Ses actifs dépasseraient alors les 500 milliards en fin d'année, contre 475 milliards actuellement, représentant près de 4 fois le PIB du pays. Cet argent doit servir à préparer le Qatar à la fin de la manne gazière.

En début d'année, le directeur général de la QIA, Mansoor Al-Mahmoud, déclarait à l'agence Bloomberg lors du forum de Davos que le fonds recherchait des opportunités d'investissement dans les institutions financières, « un pilier important du portefeuille », avec la tech et les clubs de football. Déjà propriétaire du PSG au travers de sa filiale Qatar Sports Investments, le fonds ne pourrait prendre qu'une participation minoritaire dans un autre club anglais ou européen. Le règlement de l'UEFA stipule qu'un même propriétaire ne peut pas détenir deux clubs qui concourent en Champions League.

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