Youssef Chahed : Le modèle Macronien sans les ingrédients du Macronisme !!!

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De deux choses l'une : soit, Chahed peut arguer, au mieux, d'un bilan moyen de son gouvernement et pourrait espérer sa reconduction à la Kasbah pour mener ses "réformes" (au terme d'une entente avec Ennahdha à l'issue des prochaines législatives) soit, il est lesté d'un bilan médiocre et rien ne l'autorise à prétendre prendre place à Carthage.

Calquant sa conquête du pouvoir sur le modèle Macronien (création d'un parti version start-up électorale) il a oublié l'essentiel. A savoir que pour empêcher toute dispersion des voix en sa faveur, Macron avait su, à l'entame de son ascension dans les sondages et sa course vers l'Elysée, rassembler sous son étendard tous les barons du Hollandisme déclinant (G. Collomb, J. Y Le Drian, R. Ferrand, C. Castaner) et quelques notabilités centristes comme Bayrou, P. Douste-Blazy, ou écologiques comme De Rugy, et ce, en contrepartie de responsabilités importantes dans le nouvel équilibre institutionnel (ministre des affaires étrangères, de l'intérieur, de la justice, présidence du parlement, etc.).

Non seulement, il n'a pas su s'inspirer de cet exemple mais il laissa naître les divisions dans son propre camp, à tel point que, tous les seconds couteaux de Béji Caïd Essebsi(S. Elloumi, N. Jalloul, S. Aidi, M. Marzouk) qui se sont mis à la tête de toutes petites écuries politiques sont à présent ligués contre lui !!!

Mieux même, il n'a pas pu circonscrire à temps, le fait qu'un de ses ministres (Défense) se porte candidat en même temps que lui à l'investiture suprême !!! Du jamais vu dans les annales de la politique contemporaine…

De plus, il semble mieux que quiconque incarner le délitement de la parole et de l'action publiques. Il y a moins d'un mois, il proclamait qu'en tant que chef de gouvernement, il n'avait pas à quitter ses fonctions pour se consacrer à sa campagne électorale en vue de l'élection présidentielle.

La semaine dernière, il change d'avis et à la suite d'un tour de passe-passe constitutionnel, il délègue ses pouvoirs à un ministre de son gouvernement et qui plus est, membre du bureau politique du parti qu'il dirige.

Pendant 3 ans, il a dissimulé sa double nationalité, puis au dernier moment, il annonce qu'il y a renoncé et croyant en tirer un dividende politique, il invite ses concurrents à faire de même...

Difficile de trouver plus maladroit et elliptique.

Résultat des courses et suite à ses multiples maladresses, il est sévèrement décroché dans les intentions de vote et au final, l'histoire retiendra que son chef d'œuvre politique sera probablement d'avoir permis un second tour entre un populiste et un conservateur identitaire ou encore une réactionnaire…

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