L’incarcération de Louisa Hanoune ressemble fort à l’incarcération de trop…

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L’incarcération de Louisa H ressemble fort à l’incarcération de trop. Nous approchons petit à petit des procès scandaleux qui ont fait le côté obscur du XXe siècle. Tant que les mandats de dépôt étaient motivés par le souci de garder la main sur des présumés auteurs de détournement de fonds publics, cela paraissait relativement conforme aux normes légales que toute justice doit respecter. Mais dans le cas de Madame Hanoune, de quoi avait-on peur au point de s’empresser à l’emprisonner dans la précipitation ?

Aucune clarification sur la nature des délits qui lui sont reprochés n’est venue de la part des autorités judiciaires algériennes ce qui laisse libre cours aux interprétations les plus diverses dont celle qui a fait le tour des rédactions et selon laquelle l’on reprocherait à Madame Hanoune une activité politique subversive.

Cela veut dire quoi en langage ordinaire « activité politique subversive s’agissant d’un parti dont il nous arrive certes de ne pas savoir à quoi il s’oppose mais qui n’a jamais caché son orientation politique.

Le parti des travailleurs est d’obédience trotskiste, c’est connu. Dans le but d’élargir ses espaces d’expression, il a jugé utile pour lui de partager quelques-unes des orientations du président Bouteflika. Mais en quoi cela devient-il subversion contre l’État ?

C’est le propre de toute formation politique d’avoir son jardin secret et des messes basses qu’on appelle, ici, « consultation », là, « échange de points de vue » mais jamais on avait franchi le seuil du gravissime qualificatif de subversif, pas même lorsque c’était presque le cas lors de la réunion de Sant Egidio à laquelle la présidente du parti des travailleurs à pris part sans être inquiétée ni taxée de comploteuse.

Est-il plus condamnable de s’approcher de Saïd Bouteflika que de faire conclave avec des chefs de troupe d’assassins qui tuaient des Algériens, dont des soldats de l’armée algérienne, pendant que se tenait la réunion de Rome. Les autorités de l’époque avaient pris soin (fort heureusement) de ne pas parler d’incarcération.

Aucun parti, aucune personnalité attachée à l’édification d’une société démocratique, ne doit se réjouir de cette incarcération qui préjuge d’une étape inquiétante à venir. Ce n’est pas pour cette justice-là que les Algériens se battent. Les prétoires ne doivent pas servir des règlements de compte.

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