Le gouvernement doit interdire le combat des deux rappeurs français sur notre territoire

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La Tunisie n’est pas le dépotoir de toutes les abjections !

Je pense avoir démontré pendant quarante ans mon aversion pour l’islamisme politique et pour sa dérive extrême le jihadisme. Donc j’espère ne pas être accusée de rapprochement hasardeux ou tendancieux entre deux modalités de conditionnement à la violence.

Évidemment, l’affaire du centre de formatage à l’idéologie et aux pratiques jihadistes est d’une telle monstruosité qu’elle ne peut être qu’irrecevable et je n’ai rien à ajouter à toutes les dénonciations. Or il survient aujourd’hui une affaire d’apparence mineure qui fait le buzz et soulève des polémiques. Il s’agit de l’annonce d’un combat entre deux rappeurs français qui ont été condamnés en France récemment à dix-huit mois de prison avec sursis pour avoir semé, en bandes réglant leurs comptes, le saccage et le vandalisme à l’aéroport d’Orly, dispersant les passagers pris de panique et amenant à la fermeture provisoire de l’aéroport.

La clémence de cette condamnation est due à la pression exercée surtout par le mouvement des jeunes des cités dont ces rappeurs sont les héros, et peut-être aussi par quelques lobbies des médias et du showbiz qui font de ce profil de « stars » une manne.

Est-ce précisément ce groupe d’intérêt et/ou je ne sais quel médiateur tunisien très introduit dans ce milieu français qui vient d’avoir l’idée saugrenue et choquante d’organiser, sur le territoire tunisien, un combat entre ces deux rappeurs, pour solde de tous comptes entre eux ?

Ce combat qui rémunèrerait grassement le vainqueur serait médiatisé - le plus grand spectacle à ce jour au monde nous promet-on ! – et, s’il se déroulerait en dehors de la France, c’est parce qu’il ne serait soumis à aucune règle du genre et que la France ne le tolérerait pas !

Mais la Tunisie, considérée semble-t-il comme une terre de non droit, peut être ouverte à tous les dérèglements aux yeux des organisateurs qui nous assurent de l’excellent rapport touristique d’un tel évènement !

Le rap est une forme d’expression artistique qui s’est développée essentiellement chez les jeunes de périphéries, en rupture avec les formes d’art adoubées par la bonne société. Cette musique (si l’on peut parler de musique) porte en paroles minimalistes l’expression des frustrations, la sublimation d’une révolte et le crachat d’une vive et légitime colère de ces jeunes. Parfois, d’un glissement à l’autre, cette manifestation artistique déborde de la violence contenue et dégénère dans des expressions racistes, sexistes, obscènes, asociales à un tel point que certains groupes ou leur spectacles ont été interdits.

Les deux chanteurs attendus chez nous offrent un condensé de vulgarité et de violence et se croient tout permis, au-dessus des lois, en dehors de quelques manifestations policées dans le politiquement correct, managés par leurs producteurs pour plaire à la société bien pensante. On en pensera ce qu’on voudra mais ils n’ont rien à faire chez nous. La conclusion de leurs dérapages à Orly est du ressort de la justice française et non pas d’un spectacle sans règle, à coup de poings et de points -votez pour l’un ou votez pour l’autre comme à la télé !

Ce n’est pas un modèle pour nos jeunes que l’exhibition de cette violence, pas plus que ne l’est le conditionnement jihadiste. Il s’agit d’une différence de degré et de référentiel et non pas de nature, dans la représentation que l’on se fait de l’autre dans le lien social, celui que l’on peut sans état d’âme assommer, briser, écraser de sa suprématie.

Et d’ailleurs dans les banlieues françaises ou chez nous, le dérapage progressif d’une violence de voyou vers l’autre de jihadiste survient quelquefois et il se pressent dans les paroles même de certains rappeurs quand on les écoute bien.

Nous ne voulons pas non plus de ce type de spectacle dont nous tirerions en quelque sorte les royalties sous prétexte que, comme une grande maison de tolérance, la Tunisie serait ouverte à tous les écarts. Non, nous ne sommes pas le dépotoir des abjections des autres ! Nous ne voulons pas contre rétribution, enterrer chez nous les ordures de leurs gaspillages et surtout pas les déchets nucléaires.

Nous ne voulons pas être le terrain d’expérimentation de leurs produits toxiques, de leurs pesticides pas plus qu’être comme l’Inde les champs de coton OGM ni les docks de désamiantage de leurs navires.

Nous ne voulons pas non plus contre subvention, devenir les centres de rétention concentrationnaire des pauvres migrants assignés au sud de la Méditerranée après des milliers de kilomètres d’errance en exil de leur Afrique pillée de ses richesses. Nous les accueillerons s’il le faut, mais de notre propre initiative et dans des conditions bien plus dignes que celles offertes par nos voisins. Et nous ne serons pas non plus le laboratoire d’une démocratie libérale satellisée et téléguidée de l’extérieur.

Cette suite d’exemples, qui peuvent paraître de prime abord sans rapport avec le spectacle de rap que nous refusons, renvoie à une même représentation de notre pays qu’on pourrait acheter et avilir parce qu’il est pauvre : nous sommes peut-être « mendiants », mais « orgueilleux ».

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