المجرّة

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المجرّة °

سولّي برودهوم Sully Prudhomme (1839-1907)
نقلها إلى العربيّة سعيد الجندوبي

قلتُ ذات مساء للنجوم:
"لستنّ، على ما يبدو، سعيدات؛
فبريقكنّ، في هذا السواد اللاّمتناهي،
له رقّة محزونة؛

وأحسبني أرى في القبّة الزرقاء
جنازة بيضاء تتقدّمها عذارى
تحملن شموعا لا تُحصى
وتتتاليْن بفتور.

ترى هل ثشغلكنّ صلاة دائمة؟
أم هي الجراح؟
فهذي دموع من نور،
وليستْ أشعّة، ما تَسْكُبن.

أنتنّ، أيّتها النّجوم، أسلاف
الخلائق، والآلهة،
دمعا أرى في أعينكنّ..
أجبنني: "نحن وحيدات..

فالواحدة منّا بعيدة جدّا
عن أخواتها ممّن تظنّها، أنت، قريبات؛
وضياؤها المداعب الرّقيق
في موطنه بدون شاهد ولا رفيق؛

واضطرام لهبها الخفيّ
يتناهى عند سماوات لا مبالية."
فقلتُ لهنّ: أفهمكنّ!
فأنتنّ كالنّفوس:

هنّ كمثلكنّ، الواحدة منهنّ تضيء
في منأى عن أخواتها اللاّتي تبدين منها قريبات.
والوحيدة الخالدة
تحترق ليلا، بصمت."



(° الدرب اللبني)

La Voie Lactée

Aux étoiles j'ai dit un soir :
« Vous ne paraissez pas heureuses ;
Vos lueurs, dans l'infini noir,
Ont des tendresses douloureuses ;

« Et je crois voir au firmament
Un deuil blanc mené par des vierges
Qui portent d'innombrables cierges
Et se suivent languissamment.

« Êtes-vous toujours en prière ?
Êtes-vous des astres blessés ?
Car ce sont des pleurs de lumière,
Non des rayons, que vous versez.

« Vous, les étoiles, les aïeules
Des créatures et des dieux,
Vous avez des pleurs dans les yeux… »
Elles m'ont dit : « Nous sommes seules…

« Chacune de nous est très loin
Des sœurs dont tu la crois voisine ;
Sa clarté caressante et fine
Dans sa patrie est sans témoin ;

« Et l'intime ardeur de ses flammes
Expire aux cieux indifférents. »
Je leur ai dit : « Je vous comprends !
Car vous ressemblez à des âmes :

« Ainsi que vous, chacune luit
Loin des sœurs qui semblent près d'elle,
Et la solitaire immortelle
Brûle en silence dans la nuit. »

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