Il n'y a plus d'échappatoire. La vidéo devenue virale ces dernières heures n'est pas qu'un simple épisode de tension, mais le cruel reflet d'une Coupe du Monde qui sombre dans le chaos. Une Coupe du Monde de la honte. Les images proviennent du hall de l'hôtel de la délégation égyptienne à Dallas. Une altercation a éclaté entre un policier américain et le directeur de l'équipe égyptienne, Ibrahim Hassan, alors que le joueur Trézéguét prenait des photos avec de jeunes fans. Un agent, en particulier, s'en est pris à un membre du staff de l'équipe nationale africaine, un acte tellement disproportionné qu'il a laissé tous les spectateurs sans voix. Selon plusieurs sources, un responsable de l'équipe nationale égyptienne s'est emporté après que la police eut empêché un enfant de prendre une photo avec les joueurs. Sa colère a provoqué une réaction de la police américaine. Comme on peut le voir sur les images, plusieurs policiers ont bousculé les membres du staff égyptien.
Malheureusement, quiconque a suivi ce tournoi de près depuis ses débuts sait pertinemment que ce qui s'est passé à Dallas n'est pas un cas isolé. Dans les jours précédant la compétition, plusieurs équipes avaient déjà exprimé leur vive polémique quant à l'organisation et ses conditions logistiques inhumaines : transferts épuisants obligeant athlètes et entraîneurs à effectuer des trajets interminables quelques heures seulement avant les matchs, camps d'entraînement dans des conditions déplorables rendant même un échauffement correct difficile, et une gestion du temps qui semblait délibérément punitive.
Sans parler de l'interdiction absurde d'utiliser l'espagnol lors des conférences de presse et des contrôles humiliants subis par certaines équipes nationales. Mais l'incident le plus honteux concerne sans doute l'équipe nationale iranienne, contrainte de vivre un véritable cauchemar bureaucratique : en raison de tensions politiques, elle a été forcée d'installer son camp de base à Tijuana, au Mexique, ce qui impliquait un trajet aller-retour de cinq heures pour chaque match, et de quitter les États-Unis quelques heures seulement après le coup de sifflet final, suite au refus de visa de certains membres de l'encadrement.
Ce traitement absurde a sapé l'énergie et la concentration d'un groupe d'athlètes déjà sous pression, et personne n'a eu le courage de s'y opposer. À tout cela s'ajoutait une approche policière que de nombreux responsables ont qualifiée de disproportionnée, comme si les athlètes et les membres de la délégation n'étaient pas considérés comme des invités d'honneur, mais comme des menaces potentielles à surveiller de près.
Si l'on s'intéresse à d'autres facteurs que les équipes participantes, le tableau est encore plus sombre. Les supporters venus des quatre coins du monde décrivent une expérience bien loin de la fête du football espérée. Files d'attente interminables devant les stades, problèmes de billetterie, un climat de surveillance si oppressant qu'il transforme l'enthousiasme en angoisse, et le sentiment grandissant que toute l'organisation a été conçue davantage pour les contenir que pour les accueillir. Les témoignages recueillis sur les forums et les groupes de voyageurs décrivent un tournoi qui vire au cauchemar logistique pour des milliers de personnes qui rêvaient de cet événement depuis des mois.
Face à ce nouvel épisode, il est naturel de se demander ce qu'il restera de la Coupe du Monde 2026. Car si ce sont ces images qui circulent pendant des années, si le souvenir le plus marquant n'est pas un but spectaculaire ou un arrêt miraculeux mais un policier agressant un membre d'une délégation sportive, alors ce sera l'image la plus fidèle des États-Unis d'Amérique, si arrogants.