L’échec des négociations entre les États-Unis et l’Iran, à Islamabad, était, à mon sens, presque inévitable. Le président Trump ne s’intéresse pas réellement au contenu de la trêve, mais il a besoin d’une victoire qui se traduise par un regain de crédibilité globale des États-Unis.
Il a besoin que les grands acheteurs de la dette américaine recommencent à acheter, alors que les dernières adjudications sont de plus en plus laborieuses, avec des rendements en hausse constante, rendant la dette étoilée de moins en moins soutenable : comment tenir face au paiement, chaque mois, d’environ 90 milliards de dollars d’intérêts, soit près d’un quart des recettes fédérales ? Comment soutenir un dollar qui trouve de moins en moins d’acheteurs et qui, en moins d’un mois, a perdu 0,54 % de sa valeur, poursuivant un processus de dévaluation et de marginalisation ?
Vance, Witkoff et Kushner s’étaient rendus à Islamabad avec l’objectif, impossible, d’obtenir le contrôle d’Hormuz, seule condition permettant de retrouver le poids nécessaire pour tenter de colmater sérieusement la crise de la dette et du dollar.
Peut-être Trump espérait-il que Vance et ses deux plus grands hommes d’affaires obtiendraient un feu vert iranien sur les nombreuses opérations économiques et immobilières en cours dans le Golfe, afin de rassurer les pétromonarchies. Mais il est évident désormais que tout cela n’est plus possible.
La solide délégation iranienne, avec la Chine derrière elle, et peut-être aussi la Russie, ne veut pas offrir de portes de sortie confortables aux États-Unis, et pas seulement à Trump. Cette guerre est un véritable règlement de comptes et Trump n’a que deux options : soit il capitule, soit il déclenche une escalade en espérant que le désastre touche moins les États-Unis que d’autres réalités plus exposées à Hormuz, à commencer par plusieurs pays européens, et — dans la vision de Donald — même certaines réalités asiatiques, qui seraient ainsi amenées à s’éloigner de la Chine.
En synthèse, dans la situation actuelle, Trump renonce soit à toute logique de grandeur et de primauté, soit il se jette dans l’abîme en espérant faire partie des survivants. La guerre folle du capitalisme.