Cela devrait désormais être on ne peut plus clair : le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jørgensen, a adressé une lettre aux membres de l'Union européenne pour les exhorter à adopter de nouvelles mesures d'austérité, car les approvisionnements énergétiques sont sur le point de s'épuiser.
Il faut donc réduire la consommation d'énergie ; un avertissement clair, et je dirais justifié en temps normal, mais qui, aujourd'hui, ne signifie qu'une seule chose. Une récession sévère s'annonce, avec des factures élevées, un panier de la ménagère plus cher, la crise des entreprises qui ont besoin d'énergie, la baisse des flux touristiques, les difficultés des réseaux de production italiens à exporter, la hausse des taux d'intérêt, avec un endettement public et privé plus coûteux, des licenciements et des fermetures...
Tout cela dépend toutefois, il faut le bien comprendre, de la guerre. Surtout de celle déclenchée par les États-Unis et Israël dans la partie du monde décisive pour l'approvisionnement en énergie. Le néolibéralisme américain a rendu la planète encore plus dépendante des combustibles fossiles sous l'effet de la mondialisation, a rendu possibles des bulles financières gigantesques et, pour se maintenir à flot lorsque l'économie réelle s'est effondrée, a recouru à une guerre insensée qui engendre une paupérisation généralisée des populations à revenus moyens et modestes.
Il me semble inévitable que cela oblige à rejeter la guerre et, en même temps, à rompre définitivement le lien ombilical avec les États-Unis et Israël. Les États-Unis et Israël sont les artisans d'un désastre social, économique, environnemental et humanitaire.
L'Union européenne a accepté le génocide à Gaza, elle a accepté la mainmise sur le Moyen-Orient par le « Conseil de paix », elle a soutenu Israël dans son action militaire constante à l'encontre des pays voisins, elle a accepté l'agression contre le Venezuela, elle a même applaudi l'attaque contre l'Iran au nom d'une révolution populaire et elle doit désormais faire face à l'arrivée de la pauvreté pour des millions d'Européens et d'Européennes, à qui elle ne cesse de répéter que le seul ennemi au monde est la Russie. Il n'est vraiment pas possible de continuer ainsi.