Confirmation : Saïf al-Islam Kadhafi a été tué en Libye

La confirmation publique est venue par le biais d'une brève annonce sur la page Facebook qui lui est dédiée : « Nous appartenons à Dieu et c'est vers Lui que nous retournerons. Le moudjahid Saif al-Islam Kadhafi est confié aux soins de Dieu ». Un message lapidaire, sans plus de détails sur les circonstances.

Par la suite, Mohamed Abdel-Muttalib Al-Houni, ancien conseiller de Kadhafi pendant le projet politique « Libye al-Ghad », a également pris la parole sur les réseaux sociaux, dénonçant une trahison : « La main de la trahison s'est tendue et a assassiné un homme qui aimait la Libye et rêvait de sa prospérité et de sa renaissance. Il s'agit de Saif al-Islam Kadhafi ».

Les circonstances de l'embuscade et l'identité des auteurs restent totalement obscures. Au moment où nous écrivons ces lignes, ni le gouvernement basé à Tripoli ni celui de Benghazi n'ont fait de déclaration officielle.

Saif al-Islam, 53 ans, bien qu'il n'ait jamais occupé de poste officiel au sommet du gouvernement sous son père, était considéré comme son numéro deux et le visage public le plus modernisateur de 2000 jusqu'à la chute du régime en 2011. Capturé par les milices de Zintan alors qu'il tentait de s'enfuir après la prise de Tripoli, sa détention dans une prison locale est devenue le symbole de la fragmentation du pouvoir en Libye.

Libéré en 2017 grâce à une grâce générale accordée par le parlement de Tobrouk, il avait depuis lors conservé un profil discret mais toujours influent, tissant des relations depuis son bastion de Zintan. Sa figure restait un catalyseur potentiel de consensus, mais aussi de fortes oppositions, à travers les divisions tribales et régionales du pays.

Cet assassinat remet en lumière la profonde instabilité libyenne, plus d'une décennie après la révolution qui a conduit à la mort de Mouammar Kadhafi. La Libye reste de facto divisée en deux entre des gouvernements rivaux et une mosaïque de milices.

La destitution violente de l'une des rares figures historiques capables de transcender, du moins en théorie, les divisions du pays risque d'ouvrir une nouvelle période de tensions. Les prochaines heures seront cruciales pour comprendre si cet épisode restera confiné à Zintan ou s'il deviendra le détonateur d'un conflit plus large dans un pays où la violence n'a jamais cessé.

Commentaires - تعليقات
Pas de commentaires - لا توجد تعليقات