Rencontre historique en Alaska entre Poutine et Trump qui a toutefois laissé la presse mondiale les mains vides. Mais cela n’a pas empêché les différents réseaux de lire un fiasco en l’absence de précisions. Même la phrase de Trump « il n’y a pas d’accord tant qu’un accord n’est pas conclu » sonnait comme une confirmation de l’échec des négociations. Personne n’a mentionné le fait qu’en l’absence de l’homologue ukrainien, il aurait été de mauvais goût de rendre public un accord.
Et donc, 12 heures plus tard, les lignes générales de l’accord émergent et l’Europe crie à la trahison et les bureaucrates de Bruxelles parlent de « principes non négociables » et l’OTAN continue de répéter le mantra de la résistance jusqu’au bout. Mais la réalité, celle qui n’est pas dite dans les capitales occidentales, c’est que la guerre en Ukraine est déjà perdue. Non pas par Kiev, qui se bat jusqu’au dernier homme, mais par l’Occident qui l’a utilisée comme bouclier politique contre un ennemi fabriqué avec des paquets de sanctions et des milliards brûlés en aide militaire.
Le sommet de l’Alaska a brisé cette hypocrisie. Poutine a mis sur la table ce que l’Occident refuse d’admettre : Donetsk et Louhansk sont depuis longtemps de facto sous son contrôle. Prétendre le contraire n’est que prolonger l’agonie. Trump, avec son réalisme brutal, a eu le courage de dire à Zelensky et aux Européens : arrêtez de courir après un cessez-le-feu qui n’arrivera jamais, commencez à négocier sur les territoires.
L’accord proposé – la reconnaissance de Donetsk et de Louhansk en échange d’un gel des opérations à Kherson et Zaporijjia – n’est pas un cadeau à Moscou. C’est un compromis qui photographie l’équilibre des pouvoirs et offre une véritable trêve. Pour la première fois, Poutine montre qu’il est prêt à arrêter l’expansion, si les « causes profondes » sont reconnues. Le message est clair : la guerre n’est pas une fin en soi, c’est un outil de négociation comme elle l’a toujours été.
La question est donc la suivante : à qui profite le rejet de cet accord ? Pas l’Ukraine, qui continue de saigner à blanc. Pas l’Europe, qui se retrouve à importer du gaz et des armes à des prix gonflés, payant ainsi deux fois pour la guerre. Les seuls à y gagner, c’est l’OTAN, qui a retrouvé une raison d’être avec cette crise, et l’élite financière qui profite d’une reconstruction sans fin.
La paix, même imparfaite, n’intéresse pas les chancelleries européennes : il s’agirait d’admettre l’échec de la stratégie atlantique, de mettre fin à l’illusion d’un rôle géopolitique à Bruxelles, et d’écarter l’ennemi extérieur. C’est pourquoi ils crient au scandale, tout en feignant de ne pas voir que les armées russes avancent et que Kiev ne survit que grâce au flux de dollars occidentaux.
L'accord Poutine-Trump n'est pas une capitulation de l'Occident, c'est un retour à la vraie politique, à la realpolitik. C'est une chance de mettre fin à un conflit qui, sinon, deviendra éternel, comme l'Afghanistan ou l'Irak, et de se réunir économiquement avec un voisin important pour l'économie du vieux continent. Ne pas l'accepter, c'est condamner l'Ukraine à devenir un protectorat en faillite, un cimetière armé financé par l'Europe, et cette dernière à s'appauvrir.
Trump et Poutine ont fait ce que les dirigeants européens n’ont jamais eu le courage de faire : faire face à la vérité. La paix se gagne par des compromis, pas par des slogans.